r. mil., loc. cit
qui couvraient le corps de bataille et s'appuyaient sur trois cents chars de guerre , répartis eu avant et autour des ailes de l'armée. Les éléphants dispersèrent d'abord les troupes légères qui précédaient la phalange.
« Ce qui étonnait le plus les Macédoniens, dit Quinte-Curce , c'était de voir ces animaux enlever avec leur trompe les hommes tout armés, et les livrer par- dessus leur tête, à leurs conducteurs. Cela rendit les Macédoniens plus circonspects; et comme tantôt ils attaquaient ces terribles adversaires et tantôt s'enfuyaient, le combat fut douteux une grande partie du jour, et n'était pas près de finir, s'ils ne leur eussent coupé les jambes avec des haches. Ils avaient aussi de fortes épées qu'ils appelaient copides, recourbées en forme de faux, avec lesquelles ils tranchaient les trompes de ces bêtes, qu'ils craignaient plus que la mort, n'oubliant rien pour se garantir de leur fureur. »
Afin de donner à ces puissants pachydermes un aspect plus effrayant, dit le colonel Armandi, dans son Histoire militaire des éléphants, on les parait d'une manière bizarre, on leur mettait des housses de drap rouge, couleur que l'on croyait propre à exciter leur ardeur. Quelquefois on y ajoutait des draperies d'or et d'argent; ainsi étaient ornés ceux d'Antiochus à la bataille de Magnésie. On leur peignait le front et les oreilles en blanc, en bleu, ou en rouge, car on avait remarqué que, lorsqu'ils entrent en fureur, ils dressent leurs larges oreilles et les étalent d'une manière effrayante, et l'on voulait, en recouvrant ces parties de couleurs éclatantes, les rendre plus apparentes encore. Enfin, on leur attachait de grands panaches, des banderoles et des grelots retentissants. Ces animaux aiment, en effet, à être parés, et quand on les charge d'oripeaux, ils se montrent fiers et courageux.
On voit dans la Tactique d'Arrien *, que pour rendre plus meurtrier l'effet des défenses des éléphants, on y adaptait des pointes d'acier, et que, pour garantir ces bêtes contre les coups de l'ennemi, on les revêtait de plaques de fer. Il paraît aussi qu'on fixait à leur poitrail des pieux ferrés ou de fortes piques, qui leur