Mim. sur le feu grégeois, Corréard
de soufre et de résine, disposés d'abord en « fusée volante », mode originaire d'emploi de la poudre, tant que Ton ne connut pas les bouches à feu, qui permettent de diriger le tir par le pointage et d'envoyer des projectiles meurtriers.
De son côté Nicétas1 écrit les lignes suivantes, au sujet de ce que l'empereur Léon appelle « des pois à feu d'artifice », sorte de bombes, évidemment différentes des simples fusées incendiaires. « On lança, dit-il, sur les maisons des malheureux habitants du bord de la mer, un feu liquide, qui, dormant dans des pots fermés, éclatait subitement en éclairs et embrasait les objets qu'il atteignait. »
Jusqu'à l'époque des croisades, les Grecs paraissent avoir été seuls en possession de ce mode de destruction.
Joinville, qui connaissait les ravages causés par le feu grégeois, et la terreur qu'il inspirait aux chrétiens, le décrit ainsi : « Cette manière de feu étoit tele, que il venoit bien devant, aussi gros comme un tonnel de verjus, et la queue du feu qui partoit de li, estoit bien aussi grant comme un grant glaive. Il fesoit tele noise au venir, que il sembloit que ce feust la foudre du ciel; il sembloit un dragon qui volait par l'air, tant getoit grant clarté que l'on veoit, comme se il feust un jour. Trois fois nous getèrent le feu grégois, celi soir. »
A partir du xvie siècle, il n'est plus fait mention du feu grec.
L'ancienne coutume des talismans de bataille, pour s'assurer la victoire ou pour se préserver des périls, était fort répandue au moyen âge. Après avoir fait usage pour les duels judiciaires « de paroles enchantées ayant grande vertu contre le fer et contre le feu », selon l'expression de Brantôme, les combattants trouvèrent naturel d'y recourir dans les cas de guerre. Aussi bien dans la mêlée que devant un seul ennemi, fait remarquer M. E. Le Blant2, « l'homme mettait son espérance en des forces inconnues, maîtresses du succès ».
Au vne siècle, un édit de Rotharis condamna l'emploi des