Acad. des Insc. et B.-Lettres, XXXIV, 2e p
larmes ei talismans clans Les combats singuliers, et cette défense 'nt renouvelée en 1306 par L'Ordonnance de Philippe le Bel.
Ce que pouvaient être ces talismans, noua Le savons par plus l'un témoignage. Il en «'lait de très reprochables au point de ,ne religieux, car ils rentraient dans la catégorie des formules nagiques: « Plusieurs, lisons-nous dans un vieux Livre, revêtent, >our aller eu guerre, une chemise bigarrée d'horribles figures pie L'on appelle « chemise d'enfer »; et ceux qui la portent sous eurs vêtements croient se rendre invulnérables. »
D'anciens traités, plus ou moins cabalistiques, enumèrent ruelques-unes de ces recettes. Les formules sont, pour la plupart, composées de paroles étranges ou môme dépourvues de eus. en apparence du moins.
Toutefois divers talismans étaient faits de prières respectables >u de versets des livres saints, tenus pour efficaces contre les langers de tout genre. Ainsi en était-il d'un passage, où saint ,uc raconte comment le Seigneur échappa aux Juifs qui vouaient le précipiter du haut d'une montagne : « Jésus autem \ransiens, per médium eorum ibat. » Celui qui prononçait ces nots dans le péril ou les portait écrits sur soi devait, croyait-on, •tiv sauvegardé comme l'avait été le Christ lui-même, au miieu de ses ennemis.
V Enchiridion Leonis[ est un recueil contenant un grand îombre de textes « pour conjurer toutes sortes d'armes ». On m indique : contre les épées, les couteaux, les haches de guerre, es lances; contre les flèches, les balles de fronde, et les cata- )ultes.
Plus tard le peuple fut persuadé qu'on évitait môme les bouets de canon en disant : « Conjuro te lapident! per beatum Ste- Ikanum primam martyrem quem maledicti Judœi lapidaverunt, it no ii possis lœdere me, famulum Dei X...! »
Pourquoi invoquer les pierres de la Lapidation de saint Etienne, în vue d'éviter l'atteinte des projectiles?... Simplement parce [ue les premiers boulets étaient faits non de métal, mais de
il qu'on a voulu attribuer au pape Léon III. (Bibliothèque de l'Arsenal, n° 1330.) ré que Jeanne d'Arc se refusa à Laisser charnier sa blessure.
pierre dure. Les mots « Dens homo factus est » que l'on retrouve inscrits sur des morceaux de parchemin du temps, avaient aussi, dans la pensée populaire, la même vertu que le verset si souvent répété : « Jésus autem transiens... »
Pour appeler sur les combattants le secours d'EnHaut, l'Église, elle, avait les prières de la liturgie officielle, et la bénédiction des armes était un acte de piété habituelle. Elle demandait au Seigneur : « Que le casque de sa toute-puissance [g aléa tuœ virtutis) protégeât la tête du guerrier dont le prêtre bénissait Tépée loyale ».
Les saints devaient aussi le couvrir de leur patronage. On racontait, au temps de Grégoire de Tours, qu'un ossement du pouce de saint Serge avait rendu pour toujours invincible le prince qui s'en était nanti. Par deux fois la Chanson de Roland parle de reliques encastrées dans le pommeau des glaives. Celui de « Durandal belle et saiute » contenait une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, des cheveux de saint Denys, et un fragment du vêtement de la Vierge. Dans le pommeau de Joyeuse que portait Gharlemagne, était scellé un débris de la lance dont fut percé le côté du Christ *.
Mais en outre des reliques, le peuple assurait que certains mots, (cabalistiques ceux-là!) gravés sur le fer du glaive, suffisaient à empêcher d'être blessé d'aucune arme, et « rendaient dur », suivant l'expression familière aux soldats du temps.
Dans son Traité des superstitions*1 , l'abbé J.-B. Thiers rappelle, en ces termes, cette croyance : « Pour empêcher les armes à feu de blesser, avoir sur soi un parchemin portant les mots : Ibel -+- Labes -h Chabel -+- Habel -h Rabel ».
M. E. Le Blant cite comme formule énigmatique, pour rendre le épées enchantées , les inscriptions suivantes trouvées sur deux anciens glaives :
KNDXOXGHWDNCHORHDf fNRADNRADNRADNRADNRf
Il paraît que l'abstinence, observée à certains jours, passait