‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 190 sur 323 · Chans. de Roland, vers 2344 et suiv.; 2503 et suiv · texte numérisé non relu

Chans. de Roland, vers 2344 et suiv.; 2503 et suiv

L'HOMICIDE A l.A GUERRE. 849

pour rendre invulnérable dans les combats. Jean Germain, évêque de Ne vers, mort on 1460, parle de gens « qui jeûnent et ne menguenl char le marcredi <>u aultre jour, affirmans que, en ce abstenans, ilz ne seront j amais bleciez en bataille ».

Passons sommairement en revue les sentiments qui signalent et caractérisent le génie belliqueux propre aux divers peuples.

Les lois de Moïse sur 1;» guerre méritent au plus haut degré L'attention. Avant d'entrer en campagne, chaque officier devait se placer à la tête des troupes et demander à haute voix : « S'il y avait quelqu'un dans les rangs qui eût bâti une maison neuve,

— ou plante une vigne encore trop jeune pour porter des fruits;

— s'il y avait quelqu'un qui eût été fiancé OU format des projets d'union: — enfin s'il se trouvait un homme qui fût timide, et susceptible de manquer de courage, pendant le combat l? ».

Et tous ceux qui appartenaient à ces catégories pouvaient se retirer.

Il y a dans pareille interpellation, une philosophie supérieure, une analyse profonde et une admirable appréciation du cœur humain, pétri tout ensemble d'égoïsme et de générosité, de virilité et de faiblesse.

(lui! celui qui a rêvé une maison sienne et qui voit arriver le cher moment d'inaugurer la vie souhaitée...; celui qui attend anxieusement les fruits de sa vigne paresseuse, fruits espérés qui seront la récompense de son labeur persévérant...; celui qui est fiancé et dont le cœur forme le vœu de passer de longs jours près de l'épouse choisie...; celui enfin quia l'âme pusillanime...; tous ceux-là, en un mot, qu'une préoccupation personnelle absorbe et pousse à des calculs intéressés, n'ont pas l'aptitude ni l'abnégation voulues pour devenir ces audacieux, ces vaillants, ces intrépides, qui font les phalanges invincibles, les armées victorieuses.

[lssont réputés incapables d'absolu dévouement, et indignes du grand œuvre de la guerre... Sortez donc du rang, retirez-vous! Allez vous abriter dans votre demeure; quittez le fer de la lance

L Deviéronome, chap. xx.

pour le cep de la vigne! gardez votre cœur pour l'épousée puisque vous ne pouvez pas le donner tout entier à la Patrie ! fuyez au loin, natures timorées dont la mollesse serait contagieuse et l'exemple pernicieux pour tous! conservez votre vie pour vous-même : le Dieu des armées n'accepte que l'holocauste volontaire des braves et le sacrifice spontané des âmes d'élite. Oui, partez! vous n'êtes pas dignes de mourir pour lui...

Telle nous semble être la vraie paraphrase du beau texte que nous venons de citer.

Quand on voit la quantité d'hommes qui accompagnaient certains conquérants anciens ; quand on songe surtout à ce que devaient être alors les communications, la difficulté des transports, et la rareté des champs cultivés que l'ennemi dévastait encore en se retirant, on se demande comment de nombreuses troupes pouvaient trouver de quoi se nourrir sur le sol ainsi ravagé.

Une des armées de Sésostris comptait 600,000 fantassins et 27,000 chars; et c'est avec elle qu'il parcourut une partie de l'Asie. Les guerriers, en Egypte, formaient une caste privilégiée comme celle des prêtres, si bien que les familles sacerdotales s'unissaient sans déroger aux familles militaires. Une fois la guerre terminée, on licenciait tous les soldats. Bien que l'ancienne Egypte fût gouvernée « par le bâton », les châtiments corporels n'étaient point appliqués aux hommes d'armes : la sanction des fautes commises consistait en réprimandes, ce qui dénonce des idées d'honneur, aussi bien qu'une sérieuse organisation militaire.

Les Perses semblent aussi avoir réuni de très importantes milices. Le roi Xerxès partit pour la Grèce à la tête d'un million d'hommes, et dans une seule bataille, à Platée, il engagea de son côté 350,000 hommes, contre ses adversaires coalisés.

Les Grecs, eux, ne mirent en présence que de petits corps de troupe : ainsi à Leuctres, leur plus grande bataille peut-être, ce n'est que 40,000 hommes au total qui, dans les deux camps, engagent l'action. Mais comme la Grèce était un petit pays entouré d'ennemis redoutables, le service militaire y fut d'une durée exceptionnelle : le Grec était soldat de dix-huit à soixante ans.

Bien qu'en principe les armées fussent temporaires, il y avait

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des officiers permanents, appelés polémarques, qui maintenaient les traditions et surveillaienl les manœuvres des hommes <ju<' L'on exerçai! en temps de paix. Les citoyens riches formaient la ca\ alerie : d'ordinaire ils étaienl accompagnés de 7 Unies comme auxiliaires ou servants. On estimait les danseurs indignes de porter les armes.

L'infanterie grecque comprenait deux éléments : les hoplites ou hommes pesamment armés, et les psylitesii soldats destinés à combattre de loin avec des javelots et des frondes. La phalange macédonienne était une masse de combattants, variant de 6,000 à 16,000 hommes, serrés les uns contre les autres sur seize files de profondeur, et couverts de solides armures. Chaque phalangiste portait une pique, longue de 7 mètres; les cinq premiers rangs la tenaient à deux mains, tournée vers l'ennemi, de telle sorte que les piques du premier rang s'avançaient de 5 mètres en avant du IVont de bataille, celles du second rang de ï, et ainsi de suite jusqu'à celles du cinquième rang qui dépassaient encore d'un mètre la première file de soldats. Vue de l'ace, la phalange était, dit Plutarque, « une sorte de monstre indomptable, hérissé de pointes de fer2 ». Les autres rangs poussaient ceux qui étaient devant eux et leur ôtaient tout moyen de reculer; ils remplaçaient sur-le-champ les morts et les blessés des premières files : ainsi le nombre des combattants avait beau diminuer, le front restait toujours le même, et Faction du combat ne se ralentissait point. Sur un terrain libre et plat, quand la phalange pouvait se maintenir en ordre, elle était sûre de renverser l'ennemi.

On ne saurait croire à quel point l'organisation militaire de la République romaine rappelle ce que nous voyons de nos jour-.

Les Romains pratiquaient le service obligatoire : de dix-sept à quarante-cinq ans, tout citoyen valide était astreint à porter les armes. Les esclaves pour la plupart, et sous l'empire les Juifs, «'(aient exclus des armées.

Par exception, on pouvait éviter de servir, en payant un impôt

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