Ob civem servatum
-. M. de la Barre-Duparc.
: 36,000 hommes environ.
On a remarqué avec raison la corrélation existant entre le mot « hostie », victime, et hostis, ennemi : c'est qu'en effet presque toujours le vaincu était une victime désignée à la vengeance farouche du vainqueur, à moins toutefois qu'il ne fut « rendu sacré » par une blessure, comme nous le verrons bientôt.
Ce n'est qu'à une date relativement récente, que la civilisation et l'humanité suggérèrent de conserver respectivement les 'prisonniers, pour un échange ultérieur entre les belligérants. Mais combien étaient vrais jadis ces mots, que les chefs répétaient au moment de l'action et qu'on lisait aussi écrits sur les étendards : Vaincre ou mourir! C'était moins une vaine formule, une parole pompeuse, que le rappel efficace d'une vérité menaçante.
Encore à l'époque de Corneille, le mot « hostie » était couramment employé pour désigner une victime en général1.
La poltronnerie est une faute jugée impardonnable, surtout chez les peuples belliqueux. Tacite nous a appris que les Germains pendaient les traîtres et noyaient les poltrons. On peut citer également des Conciles décrétant des pénalités contre les lâches qui se dispensaient de suivre le roi dans des expéditions militaires2.
A ce propos, rappelons ici l'ingénieuse étymologie que plusieurs donnent du mot poltron. Ce mot viendrait de la racine pol (abréviation depollex pouce), et truncatus coupé. Le pollice truncus ou truncatus serait donc celui qui s'est coupé le pouce pour n'être point soldat3. Il est certain en effet que, notamment pour les archers, l'emploi du pouce était absolument nécessaire.
De nos jours, n'avons-nous pas vu les tribunaux condamner plusieurs jeunes conscrits, qui avaient eu le triste courage