De tous les combattants a-t-il fait des hosties
Horace, III, 2.
« Père barbare achève, achève ton ouvrage! « Cette seconde hostie est digne de ta rage. »
Polyeucte, V, 5.
2 Si se substraxerit. Coll. des Conc., t. IX, Labbe.
3. D'après M. Littré, poltron viendrait du mot allemand Polster qui veut dire c( coussin ». Le poltron serait donc un homme paresseux et qui recherche une existence capitonnée (!). Ménage et Génin, eux, faisaient dériver poltron de l'ancien français poutre, jeune jument, poulain (?)... Nous préférons encore l'étymologie latine qui, fût-elle contestable, a du moins l'avantage de correspondre à la signification du mot poltron.
L'HOMICIDB A LA GUJERRK. 35i
de se faire sauter le pouce dans L'espoir de se voir réformer1?
La principale Force des armées gauloises, suivant Pausanias2, provenait de leurs troupes montées : chaque cavalier était accompagné de deux serviteurs, à cheval comme lui.
Au cou de leurs chevaux, les Gaulois suspendaient les tètes des vaincus, ou les attachaient aux portes des maisons, comme plus tard, les seigneurs clouèrent celles des botes féroces à l'entrée de leurs manoirs. Ils oignaient d'huile de cèdre les têtes des grands capitaines trépassés, et les conservaient soigneusement dans des caisses spéciales; la loi des Saliens a môme pris la précaution de défendre qu'on enlevât ces trophées glorieux.
Les Gaulois se découvraient le torse pour combattre : révéler ainsi aux yeux de tous l'horreur des blessures et le sang ruisselant sur les chairs déchirées, et ne pas craindre d'amollir les courages, est une preuve incomparable de la valeur guerrière d'un peuple. Ce fait est rapporté notamment au sujet des Allobroges3.
Néanmoins cette valeur des Gaulois ne les empêchait pas de songer aux protections utiles : ainsi ils rangeaient en première ligne des esclaves couverts de fer. Mais le soldat romain prenant la cognée et la hache, se fit une brèche à travers ce rempart mobile auquel il fallut renoncer, car une fois que ces crupellaires avaient été renversés à terre, il ne leur était plus possible de se relever. Dans leurs entreprises, les Gaulois emmenaient aussi des chars qui, liés ensemble, les uns à côté des autres, servaient d'abri avant l'attaque, et conjuraient les surprises pendant la nuit.
Sous les monarques francs, les hommes d'armes se rassemblaient tous les ans, d'abord au mois de mars, puis au mois de mai. Là on décidait de la paix ou de la guerre. Dans l'origine, le service militaire n'était qu'un devoir relatif : le chef proposait une expédition à ses hommes, et s'ils l'approuvaient, ils partaient.
1. Citons notamment la condamnation de Germain Matignon, traduit devant le tribunal de Jonzac, et, sur appel, condamné par la Cour à trois mois de prison, pour s'être muter le pcrn.ee, à l'extrémité du canon d'un fusil '. phe et historien grec du n" siècle.
3. Diod. de Sic, V, 20. — Les Allobroge3 étaient un peuple de la Gaule du côté du • :né.
Maintes fois aussi , les guerriers avides d'aventures et de pillage sommaient leur comte de les conduire au combat; ils lui disaient comme les Francs à Thierry : « Si tu ne veux pas aller en Bourgogne avec tes frères, nous te laisserons, et nous marcherons sans toi. »
Peu à peu ces convocations militaires prirent le caractère d'obligation sanctionnée de peines, même quand il ne s'agissait point de défendre le territoire. C'est sous Charlcmagne que le concours du citoyen, comme soldat, devint un service public fondé sur la propriété territoriale. « Tout possesseur de trois manoirs ou plus, est tenu de marcher en personne. Les possesseurs d'un ou deux manoirs se réunissent pour équiper l'un d'eux, à leurs frais, afin que trois manoirs fournissent toujours un guerrier. Enfin, ceux qui ne possèdent point de terres, mais seulement des biens meubles de la valeur de cinq solidi, sont tenus de se grouper, six par six , pour équiper et faire marcher l'un d'entre eux. »
Charlemagne veilla très sévèrement au maintien de ce système de recrutement, basé sur la valeur domaniale. Son Ordonnance, en forme d'instruction aux missi dominici, pour Tannée 812, règle même tous les détails du service1.
Les Capitulaires nous apprennent que ceux qui étaient obligés d'entrer en campagne, devaient se fournir de vivres pour trois mois, d'habits pour six et se procurer les armes nécessaires.
Le comte s'assurait que tout homme avait avec lui lance, bouclier avec deux cordes, et douze flèches.
Le service du vassal au temps de saint Louis, c'est-à-dire « l'ost2 et la chevauchée », est dû au roi durant soixante jours et soixante nuits « quand il les en semondra » ; pendant ce temps les hommes serviront au leur (à leurs dépens). Toutefois le roi pourra « les remaindre au sien (les garder à ses frais), si le volait, pour le royaume deffendre. »
A l'époque féodale, en France, nous voyons que la constitution de l'armée résulte nécessairement de l'organisation sociale d'alors.