‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 198 sur 323 · flrt'es dum vulnerati, fratres · texte numérisé non relu

flrt'es dum vulnerati, fratres

3. Plutarq., De dur. mulier.; — Traité, Annal., XTI, et Hist. IV.

Une distinction est à faire, à raison de la qualité de celui qui frappe en pareille circonstance. Il y aurait perfidie si l'assassin employé était un sujet du Prince ou du Chef voué à la mort, où s'il s'était introduit dans le camp en qualité de parlementaire, de suppliant, d'étranger... Mais il en serait autrement si celui qui donne la mort n'était lié par aucun engagement.

Telle fut jadis l'audacieuse entreprise de Mucius Scaevola, qui justifia d'un mot sa conduite : « Ennemi, j'ai voulu tuer un ennemi ». Porsenna lui-même ne trouva rien que d'héroïque dans cette conduite1. Valère-Maxime l'appelle une entreprise honnête2, et Cicéron la loue à son tour dans son discours pour Sextius.

Il faut en dire autant de la conduite de Pépin, père de Charlemagne, qui, accompagné d'un seul garde, traversa le Rhin, pour aller frapper inopinément son adversaire.

Pour les peuples civilisés, la déloyauté entre combattants n'est pas plus licite qu'entre particuliers; mais c'est là une conception nouvelle et relativement récente des devoirs internationaux. Ouvrez Homère, et vous y lirez « qu'il faut nuire à son ennemi, soit par force ouverte soit par dol;s.u grand jour ou secrètement »; et ses héros, en effet, n'hésitent jamais à employer la fraude, quelle qu'elle soit.

D'après Pindare, pour détruire la puissance adverse, tout peut être mis en œuvre; Xénophon vante la ruse comme la meilleure chose à la guerre3; et Polybe est du même avis4. Dans Virgile aussi, il y a cette idée : Ruse ou valeur, qu'importe, quand il s'agit des ennemis! Plutarque partage ce sentiment, et Lucien estime que ceux qui trompent en pareil cas sont dignes de louange5. Enfin les jurisconsultes romains eux-mêmes déclaraient qu'il n'y avait là rien de blâmable6.

A-t-on le droit de mentir à un ennemi...? Platon7, Xénophon8,

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