‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 3 sur 323 · Lévit., xviii, 21, et xx, 2 et · texte numérisé non relu

Lévit., xviii, 21, et xx, 2 et

A ces grandes solennités, tous les hommes devaient se présenter devant l'Arche avant la construction du Temple, et plus tard au Temple de Jérusalem, à moins d'en être absolument empêchés.

Les fêtes coïncidant avec les heureuses époques de la vie champêtre, è\ cillaient la pensée de la gratitude envers le Seigneur, dispensateur des biens terrestres, auxquels les Juifs étaient déjà très sensibles.

Les femmes, les enfants, les infirmes, et en général tous ceux incapables d'entreprendre un long trajet à pied, étaient autorisés à ne point se rendre à Jérusalem.

Durant le mois précédant ces assemblées, on réparait les chemins par où devaient passer les pèlerins, on blanchissait les sépulcres pour avertir les étrangers d'en éviter le contact; on réparait et on curait les puits et les fontaines.

Comme les peuples qui pratiquent le culte des astres ont, d'ordinaire, des jours fériés correspondant à certains phénomènes célestes, quelques auteurs en ont conclu que les Hébreux partageaient cette superstition; et comme preuve, ils ont cité le Psaume cm, qu'ils ont pris étroitement au pied de la lettre : « Dieu a créé la lune pour marquer les jours d'assemblée. »

Il y a là une confusion : les cérémonies religieuses ne pouvant être continuelles, rien de plus naturel que de prendre un fait astronomique périodique comme rappel d'une date pieuse, alors surtout qu'il s'agit d'un peuple chez lequel la chronologie quotidienne n'était hien connue que d'un petit groupe d'hommes.

La désignation des Pâques chrétiennes n'est-elle pas liée à une détermination lunaire, bien que la fête en elle-même n'ait absolument aucun rapport avec un culte astral?

Les Juifs actuels observent encore cinq fêtes signalées déjà par le Pentateuque : 1° la Pàque (Pécah), rappelant la sortie d'Egypte; 2° la Pentecôte qui commémore la promulgation de la loi : c'est alors que, dans leurs maisons tout ornées de fleurs, les familles israélites mangent le r/nteau du Sina'i, composé de couches de pâtes distinctes ; 3° la fête du nouvel an (Kosch-hasehana), pour l'examen des consciences: on la nomme aussi fête des Trompettes, car le son de ces instruments doit avertir les fidèles de rentrer en eux-mêmes; V° la journée des expiations (Jom

hakkipourim), où le jeûne et l'abstinence sont prescrits; 5° enfin, comme autrefois, la fête des Tabernacles, appelée Succot, consacrée à remercier Dieu de la protection accordée aux Israélites dans le désert.

En Grèce, les cinquante ou soixante réjouissances publiques étaient uniquement religieuses, et célébrées surtout par des pompes, c'est-à-dire par des processions où se chantaient des hymnes de circonstance, et par la représentation théâtrale des mythes et légendes qu'on voulait rappeler.

Les Panathénées, ou fêtes d'Athênê, se distinguaient par des joutes, des luttes, des concours poétiques, et par la course aux flambeaux, qui se continuait une partie de la nuit. La carrière, longue de six à sept stades (environ 1.200 mètres), s'étendait depuis l'autel de Prométhée jusqu'au mur de la ville, et les jeunes gens y étaient placés à égale distance. A un signal donné, celui qui était le plus rapproché de l'autel y allumait un flambeau, et, s'élançant de toute sa vitesse, le portait au coureur suivant, qui le transmettait au troisième, et ainsi de suite. Ceux qui le laissaient s'éteindre encouraient l'exclusion du concours; et ceux qui ralentissaient leur course, étaient livrés aux railleries, et même aux coups de la foule des spectateurs1. »

Quant à la procession des grandes Panathénées dont les admirables bas-reliefs de la frise du Parthénon donnent l'image, voici ce qu'en disent les auteurs : Tous les ans, à cette date, on offrait à la déesse Athênê un nouveau péplos brodé, auquel un groupe de jeunes filles avaient travaillé durant l'année entière. Ce manteau était suspendu en guise de voile au mât d'un vaisseau, construit de manière à se mouvoir sur le sol comme un chariot, et non à flotter sur les eaux. Ce navire, spécialement consacré à la déesse, était conservé dans un lieu voisin de l'Aréopage. Il était, suivant les uns, trainé par des matelots ou par des chevaux; suivant les autres, mû par un mécanisme intérieur, et il semblait obéir à l'impulsion de ses avirons et au vent qui gonflait sa voile.

Les Éleusinies ou mystères de Déméter (la Cérès grecque) étaient l'occasion d'initiations qu'on n'avait jamais le droit de di-

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