Capitilavium
A. l'arrivée devant la porte de la prison, L'évèque, revêtu de ses habits sacerdotaux, entonnail le versel : « Ouvrez vos portes! » In sergent lui ayant ouvert, il entrait et délivrait un prison" nier, qui, joyeux, sortait ave- lui et le suivait jusqu'à Notre-Dame en portant la traîne de la robe épiscopale. Après avoir prononcé une formule tractions de grâces au pied de l'autel, le captif était amené au seuil de la basilique, et le prélat lui rendait la liberté. Déjà dans les Capitulaires, Cbarlemagne reconnaissait aux évoques le droit de réclamer, pendant la semaine sainte, l'élargissement de certains prisonniers dignes d'intérêt à raison de leur bonne conduite et de leur repentir sincère.
Un curieux usage qui se perpétue dans la Provence, est celui de manger des pois chiches le dimanche des Rameaux. Voici d'où provient cette coutume. En 1318, la population eut à supporter une misère inouïe aux environs d'Àntibes, de Cannes, de Fréjus, et les gens de la campagne subirent toutes les tortures de la faim. Au commencement de l'année 1319, la famine sévissait si terrible à Saint-Raphaël, qu'on en était arrivé à ne plus se nourrir que de glands sauvages.
Le dimanche des Rameaux arriva; mais au lieu de l'allégresse ordinaire avec laquelle ce jour est salué dans la chrétienté, ce fut par des pleurs et des lamentations que les infortunés habitants de ce pays demandèrent au Ciel la cessation de leurs maux. Tout a coup, au milieu de la consternation publique, un cri sort de la foule : deux bâtiments viennent d'être signalés; ils s'approchent, jettent l'ancre, et les équipages descendus à terre annoncent qu'ils viennent au secours des malheureux Provençaux.
Ces navires, envoyés par le roi de Sicile, étaient remplis d'un chargement de pois, qui furent distribués à tous les habitants. Les gens de Saint-Raphaël et des alentours virent dans ce bienfait inespéré la main de la Providence, et conservèrent l'habitude de faire Qgurer, au jour des Rameaux, sur la table de famille un Ibondant plat de ce légume vulgaire.
11 nous reste à examiner quelques cérémonies relatives à la Semaine sainte.
C'est une vieille coutume espagnole que celle des processions
dans cette semaine. La tradition en fait remonter l'origine à l'époque où l'Espagne fut reconquise sur les Arabes.
Aujourd'hui l'on célèbre encore ces solennités dans d'autres villes que la capitale de l'Andalousie, à Murcie et à Cadix par exemple, mais elles sont bien loin d'y être entourées d'autant de luxe qu'à Se ville1.
On raconte qu'autrefois des fidèles s'offraient comme victimes volontaires pour représenter la personne du Christ, et subir la flagellation dans les rues, afin d'émouvoir le cœur des pécheurs endurcis. De plus, des hommes, le visage voilé, mais le buste nu, suivaient le cortège en se battant de verges, jusqu'au sang; et pour mettre un terme à ces démonstrations d'une dévotion par trop violente, il ne fallut pas moins qu'une ordonnance du roi Charles III. De nos jours, les pénitents espagnols ne s'infligent plus d'autre supplice que celui d'endurer la cagoule qui gène leur respiration et de porter de lourds flambeaux de cire; quant aux étrangers , ils viennent chercher dans les processions , plutôt un spectacle curieux que des émotions sincères. Le Mercredi, le Jeudi et le Vendredi saints, il serait impossible, à Séville, d'obtenir de qui que ce fût un travail quelconque ; et les voitures ont défense de circuler afin de laisser les Sévillans paisibles possesseurs des rues, où ils attendent avec une infatigable patience le passage des innombrables confréries qui doivent défiler sous leurs yeux.
Un des épisodes qui intéressent le plus le peuple de Rome, pendant la Semaine sainte, est le lavement des pieds, qui a lieu le Jeudi saint dans la basilique de Saint-Pierre, devant la chapelle des saints Processe et Martinien. Le Pape est assis sous un riche dais qui domine les fidèles; autour de lui se placent les cardinaux ; à droite est le banc occupé par les treize prêtres auxquels le Saint-Père doit laver les pieds. De l'autre côté, se trouvent les tribunes disposées pour recevoir les grands personnages. Quant à la décoration de l'enceinte , elle se distingue par de riches tapisseries, entre autres celle représentant la Cène de Léonard de Vinci. « Après avoir béni l'encens, le Pape retire sa chape qu il remplace par un tablier de toile blanche orné de