I. D*après Manéthon
La divinité suprême des Phéniciens, Baai, qu'on adorait aussi sous le nom de Moloch comme dieu du feu, était honorée par un brasier rempli de petits corps d'enfants.
De même chez les Hellènes, Achille sacrifie douze Troyens, et Aristomène en offre trois cents à Zeus. A Sparte, Lycurgue déclare prohiber ces barbaries, ce qui démontre que de son temps pareille pratique était admise.
Lors des Thargélies attiques, tous les ans, on choisissait de jeunes Grecs que Von chargeait des fautes de tous; on les engraissait pour qu'ils fussent plus dignes du dieu; puis, comme expiation publique, on les livrait au bûcher, après les avoir flagellés avec des branches de figuier.
En Perse, malgré une civilisation relativement avancée, nous voyons que la femme de Xerxès fait ensevelir vivants douze hommes, pour apaiser les dieux infernaux.
Dans la Rome antique on égorgeait des enfants à la fête de plusieurs dieux Lares, et à certains jours, on lançait dans le Tibre des hommes et des femmes pour conjurer les fléaux.
Ajoutons toutefois, qu'avec le temps, l'holocauste humain ne fut plus que symbolique1. Ainsi, à Rome, l'artifice consista à ne plus offrir que des poupées de laine, ou encore des mannequins de jonc, appelés argei, que les prêtres ou les vestales jetaient dans le fleuve à l'époque des ides de mai, en commémoration du passé. Comme exemple d'immolation volontaire, on peut citer l'histoire de Curtius2 qui, pour obéir aux oracles, se précipita, avec son cheval, dans le gouffre qu'un tremblement de terre avait ouvert au milieu du Forum3.
Le spectacle continuel des scènes belliqueuses auxquelles furent en proie les premières sociétés, loin d'inspirer l'horreur du sang, a constamment excité au contraire l'imagination guerrière des peuples ; à tel point, qu'en temps de paix, au lieu de jouir du calme si chèrement conquis, les Grecs, et surtout les Romains, recherchèrent comme divertissement public les jeux meurtriers, connus sous le nom de combats de gladiateurs.