HUMAINS. ECHANGE DU S LNG
vapeurs de L'ivresse, les convives savouraient toutes les péripéties de r<is drames, en regardant des infortunés s'acharner les uns
contre les autres, se déchirer, se couvrir <lo sang, et expirer enfin à leurs punis sur les pavés de mosaïques.
Bien que dans les diverses circonstances que nous venons de décrire, de nombreuses victimes aient trouvé la mort, ces jeux sanguinaires n'eurent rien de commun avec le sentiment « cultuel » qui a inspiré les sacrifices humains.
Il ne faut pas non plus confondre les scènes de carnage à la guerre avec les immolations propitiatoires. Au premier cas le vainqueur obéissait d'abord à une préoccupation de vengeance, tout en se dispensant du soin de conserver vivants des ennemis dont il redoutait les représailles.
Mais dans le sacrifice humain véritable, le sauvage actuel, comme le païen de jadis, se propose avant tout de complaire à la divinité, car l'oblation de l'homme lui parait plus digne d'obtenir les faveurs célestes.
Les vaincus semblent tout désignés pour l'expiation : c'est eux qu'on frappera d'abord; après viendront des esclaves robustes, de jeunes vierges, des enfants candides, créatures de choix dont l'offrande est supposée plus agréable; et le sauvage espère que l'Esprit manifestera d'autant mieux son contentement par des bienfaits. Plus la victime est rare et précieuse, plus le sacrifice est réputé utile et méritoire : tel est, philosophiquement parlant, ce qui explique, sans pourtant la justifier, l'effusion du sang humain sur les autels des non-civilisés.
(.race à un vaste travail, publié par un Américain, M. Bancroft1, d'antiques usages du Nouveau Monde sont aujourd'hui connus.
Les habitants de l'ancien Mexique ont peut-être été les plus cruels et les plus sanguinaires de l'univers; et quand les aventuriers espagnols vinrent sur ces côtes, ils furent épouvantés de ce qu'ils apprirent. « Mexico (Tcnochtitlan avant la conquête espagnole2) était témoin d 'égorge m ents continuels au pied des autels, dans des proportions que n'a jamais connues la Rome des