‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 205 sur 323 · Rev. }<■■'.. Alf. Ramba · texte numérisé non relu

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Néron et des Héliogabale. On ne peut savoir au juste si ce goût pour le sang provenait d'une cruauté innée chez les Peaux- Rouges, ou des inspirations du fanatisme sacerdotal. Une chose à peine croyable, c'est que les sacrifices humains furent presque inconnus aux origines de la domination aztèque, et qu'ils se multiplièrent quand la civilisalion fut plus avancée : le règne du superstitieux Montezuma fit couler dans les temples mexicains des flots de sang. On estime à près de vingt mille le nombre des personnes annuellement égorgées, sans compter les solennités exceptionnelles. Ainsi, lors de l'inauguration, vers 1486, du temple du dieu de la Guerre, on tua soixante-dix mille hommes en une seule fois. Les compagnons de Cortez purent compter dans certains temples jusqu'à cent trente mille crânes entassés comme trophées! Ceux qu'on frappait ainsi étaient généralement des captifs. Souvent, quand les prêtres du dieu voulaient du sang, on faisait la guerre à quelque peuple voisin, uniquement pour avoir des prisonniers; enfin, comme à Carthage et à Tyr, il y avait des immolations d'enfants.

« Selon le cérémonial, la victime était couchée sur une table de jaspe, et des sacrificateurs aux longs cheveux incultes, après avoir échangé leur vêtement noir contre une tunique rouge, lui ouvraient la poitrine avec un couteau d'obsidienne, et en arrachaient le cœur tout palpitant. Parfois on disposait des niches dans l'épaisseur des parois du temple pour y emmurer des hommes tout vivants! Un combat de guerriers s'entr'égorgeant sur un vaste dallage de pierre ou de marbre, était aussi une offrande réputée très agréable au dieu. A la fête de la déesse Xilonen, une femme était placée sur les épaules d'une autre femme, et sur ce vivant autel on l'égorgeait sous les yeux de la multitude.

« Mais les holocaustes à Xiuhtecutli, le dieu du feu, surpas saient peut-être en horreur tous les autres : le prêtre du fauxdieu jetait au visage de la victime une poudre stupéfiante extraite de la plante yautli; puis les sacrificateurs l'enlevaient comme un fardeau inerte et venaient l'attacher sur un gril de charbons ardents où d'atroces douleurs l'arrachaient enfin à sa torpeur. Du bas du temple, le peuple fanatisé voyait se tordre sur le bra-

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gier <l(4s membres humains convulsés. A\anl que 1»' patient expirât, on le retirail tout pantelant, pour l'étendre sur la table du Sacrifice, lui ouvrir la poitrine el lui arracher le cœur suivant le procédé ordinaire. « Après chaque sacrifice, on distribuait aux prêtres, aux nobles et au peuple la chair des victimes1 ».

Ce qui se [tassait autrefois au Mexique se renouvelle a, notre époque dans des conditions très similaires, chez les descendants de Cham, restés réfractaires comme nuls autres aux lois du progrès. Les récents événements qui se sont passés au Dahomey ont permis à nos officiers, comme à nos missionnaires, d'étudier plus complètement cette région de l'Afrique, où les offrandes humaines sont d'habitude constante. Déjà en 18G2. le Père Borghèro, supérieur de la mission catholique française au Dahomey, écrivait : « A la mort de Ghezo, l'aristocratie dahoméenne se trouva partagée en deux partis : les uns voulaient le maintien des anciennes coutumes, exigeant chaque année des milliers de victimes; les autres en réclamaient l'abolition. L'intronisation du fils aine, le prince Bâhoudou2, fit triompher les anciennes lois qui reprirent toute la vigueur sanguinaire réclamée par les féticheurs. Il ne faut pas croire que la boucherie humaine ne signale que les grandes fêtes; aucun jour ne se passe sans que quelques têtes tombent sous le couteau du fanatisme. Le sang de trou mille créatures humaines avait arrosé le tombeau de Ghezo, le père de Bâhoudou3. »

« Le palais du roi, écrit M. Dubarry, était entouré d'un mur en terre sèche, de quinze à vingt pieds de hauteur, et hérissé, de distance en distance, de crochets de fer supportant des têtes humaines, les unes déjà blanchies par le temps, les autres couvertes encore de quelques lambeaux de chair, d'autres enfin récemment coupées. Tel est l'ornement habituel de toutes les rési-

1. Il y avait des sorciers, raconte le P. de Gand, qui faisaient vœu de ne se nourrir que de chair humaine ; Bernard Diaz assure qu'on en vendait de son temps au marché, comme denrée ordinaire.

?. Le despote du Dahomey, était en 1874, le Bâhoudou, fils aîné de Ghezo, mort en 1858.

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