‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 207 sur 323 · ACKIFICES HUMAINS, ÉCHANGE DU SANG · texte numérisé non relu

ACKIFICES HUMAINS, ÉCHANGE DU SANG

►erfora les joues. Ensuite L'exécuteur, saisissant un sabre, en battit la main droite du patient, qui tomba à terre; enfin, de on glaive, il lui coupa le cou. Successivement les douze Lnforunés pestant subirent leur supplice. En outre, des femmes furent mmolées sur le lieu même de la sépulture, l'usage étanl d'arroser e sang la fosse, en l'honneur du Génie de la Terre. Après que on eut aligné au fond du trou des tètes humaines formant un lavage funèbre, un esclave étourdit l'un des porteurs du démit, eu lui assénant par derrière un violent coup sur la nuque : i malheureux tomba sur le cadavre et la fosse fut aussitôt tmblé<

Tout cela a pour but de se rendre les génies favorables, et de lonner cà l'esprit du défunt « des compagnons pour se disrai re dans la région des ténèbres ».

En prenant possession du trône, le roi Behanzin avait informé e IV Bayol de son intention de tuer cinq mille captifs en signe e réjouissance populaire. Voici ]e récit que M. Euschard a fait e ces l'êtes barbares :

« Le son du gong annonça aux populations que la Grande 'mit m,*" allait commencer. Dès le point du jour cent hommes mvnt mis à mort et autant de femmes massacrées. On jeta enuite dans le sépulcre royal soixante hommes vivants, cinquante noutons, cinquante chèvres et quarante coqs. Le nouveau roi, tendant ce temps, se promenait autour de son palais, et ses oldats des deux sexes, c'est-à-dire ses amazones et sa milice nasculine, faisaient partir des salves de coups de fusil. Quand 1 revint près du tombeau on massacra encore devant lui cin- [uante esclaves. En quelques jours plus de cinq mille êtres bunains furent ainsi égorgés, les femmes dans l'intérieur du palais, es hommes sur de vastes terrasses, élevées au milieu de la place lu marché principal. On allait accrocher les têtes aux portes du >;i lais, comme décoration, et aussi à titre d'hommage dès qu'elles étaient tranchées.

« ... Bien reçu par le Hàhoudou, je fus conduit sur la place où tant de malheureux avaient succombé le jour précédent. Puis on me lit monter sur une haute plate-forme vis-à-vis de laquelle étaient alignées des rangées de tètes humaines : tout le sol du

marché était saturé de sang! Ces têtes étaient celles des captifs sur qui Ton avait épuisé Fart infernal des tortures... Ce n'est pas tout! On apporta vingt-quatre mannes ou corbeilles contenant chacune un homme vivant, dont Ja tête seule passait au dehors. On les aligna un instant sous les yeux du roi, et on les précipita l'un après l'autre du haut de la plate-forme sur la place où la multitude dansant, chantant et vociférant, se disputait cette aubaine, comme en d'autres contrées les enfants s'arrachent des dragées de baptême. Tout Dahoméen assez favorisé du sort pour saisir une victime et lui scier la tête, pouvait aller échanger à l'instant même son trophée contre une filière de monnaie de cauris1, donnée à titre de prime. A la fin, eut lieu une grande revue, à laquelle prit part toute l'armée composée de cinquante mille combattants dont dix mille amazones. Une fois la revue terminée, trois groupes de captifs furent encore martyrisés, c'est-àdire qu'on leur détacha peu à peu la tête avec des couteaux ébréchés pour faire durer l'épreuve plus longtemps! De tous les spectacles il n'en est point de plus épouvantable que celui-là.

« A Abomé, capitale du Dahomey, lors de ces fêtes de sang, écrit de son côté M. Courdioux2, missionnaire au Bénin, tous les jours, à droite et à gauche de l'entrée du palais du roi sont placées, sur deux petits tertres, quatre ou cinq têtes fraîchement coupées. Ces morts ont, paralt-il une mission à remplir dans le monde des Esprits : l'une des âmes est censée dépêchée aux femmes du père du roi; une autre aux soldats du monarque défunt; d'autres encore auprès de ce dernier pour son service quotidien. La nuit, de nouvelles victimes sont abattues dans la cour du palais; le canon tiré à des intervalles fixes, sert d'avertissement. Comme réjouissance on dresse des potences sur les places publiques; on les garnit de cadavres, et le roi, porté en hamac par ses amazones, prend plaisir à passer sous ces hideux arcs de triomphe!

« Puis le despote et ses ministres distribuent des présents au

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