Miss. Lyon, p
BACBIFICBS HTMAINS. ÉCHANGE DE BAKG. 381
peuple, dos pièces d'étoffe, des verroteries, des chèvres, des caïmans, et aussi dos hommes ou des femmes liés jusqu'au cou dans des paniers plats. Assis sous un grand parasol, le Koifume tranquillement, pendant que ses ministres chargent ces malheureux de commissions pour l'autre vie. Au signal donné parle souverain, les paniers sont lancés à la foule d'une hauteur dau moins six à sept mètres... Alors commence une scène inouïe! Cabécères et particuliers, hommes, femmes, enfants se précipitent sur les victimes, se les arrachent, les dépècent, et se repaissent parfois de membres encore chauds et palpitants... ! »
Dès qu'un roi du Dahomey succombe, lit-on dans une autre relation1, on lui érige un cénotaphe au milieu duquel se dresse un cercueil en terre pétrie dans le sang d'une centaine de captifs, destinés à servir dans l'autre monde de gardes au souverain. Le corps du défunt est placé dans le cercueil, la tête sur les crânes des chefs qu'il a vaincus. Dans le cénotaphe, on entasse le plus d'ossements possible, puis on y fait entrer huit danseuses de la cour et cinquante soldats. Ces individus des deux sexes s'offrent, • volontairement », dit-on, en sacrifice aux mânes du roi mort, considérant comme un honneur insigne d'accompagner leur maître dans le royaume des ombres. Durant dix-huit mois le prince héritier ne gouverne qu'en qualité de régent; ce terme expiré, il se rend publiquement au caveau de son prédécesseur, le fait ouvrir, en retire le crâne du défunt; puis, brandissant son épée, il se proclame roi. A cette occasion des milliers de victimes humaines, destinées à porter au feu roi la nouvelle du couronnement de son successeur, sont immolées, pendant qu'avec de l'argile mêlée à leur sang, on modèle un grand vase dans lequel le crâne et les os du feu roi sont définitivement enfermés et scellés. Cette cérémonie terminée, les massacres commencent dans tout le royaume. A \Vydah, un marin est précipité dans la mer, en même temps que deux gardiens du port : ces morts sont destinés à guider le roi défunt au cas où il voudrait aller sur la mer. Au Dahomey encore, quatre hommes accompa -nés d'un daim, d'un singe, et à'unoiseau sont amenés devant la