‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 210 sur 323 · SACRIFICES HUMAINS, ÉCHANGE DU SANG · texte numérisé non relu

SACRIFICES HUMAINS, ÉCHANGE DU SANG

âmes des défunts. Voici, entre autres, l'acte dont s'est rendu coupable un des chefs du Gabon, Le roi Denis. « Dominé par les préjugés de son pays, qui font considérer le trépas comme étant l'effet de quelque sortilège ou de breuvages empoisonnés,

et qui veut que l'on apaise les mânes par des immolations d'esclaves, le roi Denis résolut, lors du décès dune de ses femmes qu'il chérissait le plus, de faire enterrer tonte vive sons le cercueil, une jeune rsr lave d'environ quatorze ans. Il croyait par là honorer la mémoire de l'épouse qu'il regrettait1. »

A Bonga, tout près de Lirauga, on garrotte la victime avant de l'immobiliser par terre; on lui place un fort morceau de bois sur la gorge, et l'exécuteur s'arc-boutant à l'aide de sa lance, appuyant ses piedssurles deux extrémités du bois, étrangle le malheureux. Si un chef veut aller à la chasse, il réunit les amis qui doivent l'accompagner; mais, avant de partir, il faut du sang pour le succès de l'expédition. On fait venir un petit esclave de dix à douze ans, et on lui scie la gorge avec un vulgaire couteau2.

Sur la cote des Esclaves, les Noirs offrent des hécatombes d'hommes, principalement à Ogun, dieu de la guerre et frère de Chango, dieu du tonnerre. La rivière Ogun qui coule devant Abéocouta lui est consacrée, ou plutôt lui et la rivière ne sont qu'une seule et même chose.

Ogun est le premier qui ait appris aux Noirs à travailler le métal. Son symbole est le fer et plus particulièrement un couteau, un sabre, ou un pieu surmonté d'une clochette. Il a à Porto-Novo un temple consistant en une misérable hutte ronde, couverte de paille, avec une natte suspendue en guise de porte. Tout autour s'élèvent les cases de ses prêtres. A l'intérieur, gît un monceau d'antiques ferrailles sur lequel les prêtres versent de temps en temps de l'huile de palme : le féticheur met de l'huile dans un crâne humain, s'emplit la bouche de ce liquide et le lance avec force sur ces vieux fers. Quand Ogun a faim, il lui faut de la chair humaine : alors on fait la guerre, et un certain nombre de prisonniers sont voués à la mort. Une fois cloués

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