IL A. A Maire, miss, apost
HISTOIRE DES CROYANCES. — II. 2ô
par les pieds sur une poutre, ils sont exposés aux rayons du soleil. Dès qu'ils s'évanouissent, on verse de l'eau-de-vie sur leurs plaies vives ! Et pendant ce temps, la foule saute et danse : quant aux captifs, ils restent là jusqu'à ce qu'ils aient rendu le dernier soupir1. »
Chez les nègres de la Guinée, les rites de ce genre se célèbrent plutôt la nuit... Le son du tambour et les chants des féticheurs indiquent que le moment est venu de songer aux divinités. La victime est bâillonnée, et sa tête est tranchée de manière que le sang jaillisse sur l'idole; puis le cadavre est traîné et jeté dans des fossés ou dans les broussailles. Auparavant les féticheurs ont ouvert la poitrine, afin d'en extraire le cœur qu'ils gardent et font dessécher pour avoir des talismans ou grigris, et aussi pour inspirer de l'ardeur aux combattants; le cœur, ainsi réduit en poudre, est mêlé à de l'eau-de-vie, dont chaque chef offre une ration à ses guerriers.
Si le sacrifice s'adresse à la lagune ou à la mer, on lance le cadavre dans les eaux. Quand il s'agit de conjurer les esprits mauvais, tels qu'Elegba, on dépose les entrailles devant l'idole, et le corps demeure suspendu à côté du dieu jusqu'à complète putréfaction. « Ces lugubres pratiques ont lieu sous différents prétextes. Un jour, par exemple, un prince des forêts se trouvant malade, avait consulté Ifa : la réponse des sorciers fut que la maladie venait d'un esprit irrité, et qu'elle ne cesserait pas avant qu'on eût offert un être humain : et l'oracle fut obéi.
« Un autre prince, en guerre contre Porto-Novo, voyant ses soldats découragés, interrogea ses féticheurs, qui lui dirent de recourir à un talisman; pour le préparer, on s'empara d'un petit enfant pendant que sa mère, une jeune esclave, était allée puiser de l'eau. V enfant fut pilé w/dans un mortier, et les sorciers en composèrent des charmes pour le prince et ses soldats. »
On comprend l'ardeur de nos missionnaires quand ils se disent qu'en portant dans ces régions la loi de charité, ils peuvent conjurer de telles abominations.
Parlons maintenant d'un autre genre de sacrifices, celui des