Sorte d'infusion de lin et d'opium
SACBIFICBS HL'MAINs. ÉCHANGE DU SANG. 889
que par la vanité ou par L'espoir <1<> s'attirer une gloire posthume, el de mériter un monumenl somptueux, sur le lieu même du sacrifice.
« Kn revenant de Chitpour, «lit un voyageur, je vis, verssix heuresdu soir, une foule d'Indous groupés sur le bord de la rivière, et j'appris qu'on allait célébrer un sacrifice de veuve. N'ayant jamais été témoin d'un pareil spectacle, je dirigeai mon bateau vers le lieu du rassemblement, moins dans le but de satisfaire une curiosité malsaine, que d'empêcher, s'il était possible, l'infortunée de consommer son suicide. Je m'informai de ce qu'il serait opportun de tenter en sa faveur; mais on me dissuada de rien entreprendre, attendu que la veuve avait nettement exprimé le désir d'être brûlée avec le corps de son mari, et que l'autorité avait permis l'accomplissement de ce vœu... J'aperçus alors une vieille femme, plus morte que vive, assistée d'une autre femme, et entourée de trois hommes qu'on me dit être de ses parents. Le cortège étant parvenu au bord de la rivière, on vida des cruches d'eau sur la tête de la victime, et on lui mit dans la main un paquet des feuilles qu'elle pouvait à peine soutenir; ensuite, après lui avoir retiré ses ornements, on l'approcha du bûcher où était étendu le corps de son mari. Alors, excitée par les vociférations de la foule, elle monta sur ce lugubre autel, où elle fut attachée avec une corde au cadavre même. Aussitôt elle disparut, ensevelie sous une masse énorme de paille et de bambous secs auxquels on mit le feu : la flamme s'éleva intense à travers des tourbillons de famée, et, en peu de temps, l'œuvre de destruction fut achevée. »
Un rajah de Brahmapour venait de mourir. Il resta exposé durant deux jours sur un char, pendant que les brahmanes annonçaient au peuple que l'épouse du défunt avait l'intention formelle de partager le bûcher de son maître et seigneur1. Dans l'après-midi du troisième jour, les prêtres du faux dieu, suivis de musiciens, transportèrent le corps du rajah de Brahmapour jusqu'à l'endroit où devait avoir lieu la cérémonie suprême. Derrière le char s'avançait la veuve du rajah se soutenant à