‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 215 sur 323 · L'/h'l. pilt. (Jour, des V., n · texte numérisé non relu

L'/h'l. pilt. (Jour, des V., n

peine, et poussée par deux fanatiques. On arriva ainsi devant la pagode près de laquelle un empilement de bois de santal avait été disposé. Le combustible imprégné d'huile parfumée devait rapidement s'enflammer, et dévorer les proies qui lui seraient livrées.

Pendant la nuit, la veuve, enfermée dans une pagode, était constamment enivrée de hang capiteux afin de mourir sans effroi. Aux premières lueurs du jour la porte de la pagode s'ouvrit, et le brahme-chef sortit le premier tenant dans ses mains une torche allumée. Deux autres prêtres suivaient, en traînant la veuve, escortée elle-même de quatre autres victimes. A ce moment, l'épouse du rajah, ressentant un sentiment d'épouvante bien naturel, se rejeta en arrière; mais les brahmanes s'emparèrent d'elle et la couchèrent violemment sur les bois préparés, auxquels celui qui portait la torche se hâta de mettre le feu. Une grande clameur générale ne cessa de se faire entendre que quand les cris des cinq femmes ne furent plus perceptibles. Dès qu'on put approcher, la foule se rua sur le bûcher afin de s'emparer d'un fragment provenant de la suttee, comme d'un talisman efficace1.

Le nombre des temples dédiés à ces veuves, dites immolées volontaires, est très considérable : partout le long des rivières de l'Inde on en rencontre. Durant de longues années, les Anglais assistèrent passivement et même officiellement à ce mode de suicide, usité chez les femmes indiennes2.

Pourtant c'est à l'administration de lord William Bentinck qu'on doit reporter l'honneur du règlement interdisant ces sauvageries dans les possessions anglaises.

En 1829 le colonel Sleeman, chef du district de Jubulpore, reçut une pétition, signée des chefs d'une illustre famille de brahmanes de la contrée, demandant que la veuve d'un de leurs parents, prit place sur le bûcher destiné à incinérer le corps de son mari. Le colonel ayant refusé l'autorisation, la veuve déclara qu'elle se laisserait mourir de faim; puis, se ravisant, fit renouveler près

Page 1