BA< RIFICES HUMAINS, ECHANGE DU SAN
le frottement opère le mélange du sang... Le chef du village portail environ cent dix cicatrices de ce genre. »
On raconte qu'an Dahomey certaines sectes de féticheurs, afin de se rendre clairvoyants et de deviner l'avenir, recherchaient avidement l'occasion de boire du sang humain. Dans ce but, le féticheur muni d'une calebasse assistait aux exécutions; et, dès que la tète tombait, il remplissait de sang humain son récipient et le vidait à longs traits, persuadé du pouvoir que lui infuserait ce breuvage horrible1.
Il existe en Guinée de nombreuses sociétés secrètes, où l'initiation s'appelle aussi le « mélange du sang ». Tout nouvel adepte se fait une légère blessure et mêle son sang au sang de l'initiateur. Ce pacte occulte est réputé indissoluble.
Dans les villes du Yomba, ces associations, très fortement organisées, ont parfois obligé les pouvoirs publics à de violentes répressions, car elles sont étroitement unies aux plus grands chefs des principales sectes religieuses : de là l'influence qu'exercent certaines classes de prêtres et de prêtresses sur des contrées immenses2.
Pour traduire la signification et la portée de cette sorte de consanguinité, née d'une convention ou d'un accord, les Noirs emploient une expression fort remarquable : ils appellent les contractants des frères volontaires.