de la table, p
appelle « le grand maître de cuisine ». Ce dernier n'écrivit sa Gastrologie qu'après avoir parcouru la terre et les mers, examinant partout ce qui était digne de provoquer l'appétit, et signalant les localités où se rencontrait ce qu'il y a de meilleur et de plus succulent.
Quelques auteurs ont môme cru trouver une preuve de ce culte des Grecs pour la bonne chère, dans ce fait qu'ils n'avaient qu'un mot « pour désigner le ciel et le palaisx ».
Toutefois, on ne saurait méconnaître que parmi les Grecs, les Spartiates, au contraire, firent preuve d'une sobriété devenue légendaire; mais cette vertu n'eut qu'une durée très éphémère, correspondant à l'influence décisive de quelques hommes d'élite aux habitudes austères. Ainsi, Lycurgue obligea les citoyens à manger tous ensemble, dit Plutarque, et à se nourrir de mets semblables, dans des conditions réglées par la loi2. Il leur défendit de prendre chez eux leurs repas, sur des lits somptueux, et d'avoir recours à de savants cuisiniers. Le riche et le pauvre devaient se trouver côte à côte à la même table. Il n'était permis à personne d'arriver déjà rassasié à ces repas communs. Quelqu'un s'abstenait-il de manger? on lui reprochait publiquement la délicatesse honteuse qui lui faisait mépriser la nourriture de tous.
Les tables comptaient environ quinze personnes. Comme écot, chaque convive apportait par mois un médimne de farine (52 lires), huit mesures de vin, cinq livres de fromage, deux livres et demie de figues, et un peu de monnaie pour acheter de la viande. Quand un citoyen s'absentait pour offrir un sacrifice ou aller à la chasse , il envoyait à ses commensaux un quartier de viande. Telles étaient les deux seules occasions dans lesquelles il fût permis de se nourrir chez soi; les autres jours il fallait se trouver aux repas publics.
Pour être admis à une table , le citoyen devait être agréé par les autres, et le suffrage était recueilli de la manière suivante : chaque convive prenait une boule de mie de pain, et la jetait en silence dans un vase qu'un esclave présentait à la ronde. Celui qui