Nicolardot, loc cit., p
2. Ou a soc'Û3. Le maquereau, dont les Romains faisaient une si grande consommation, dit Strabon, se péchait dans le golfe de Carthagène.
faisait avec le sang du scombre, ou maquereau, était réservée pour la table des riches, comme on le voit dans une épigramme de Martial1.
Ne sachant plus qu'imaginer pour renchérir sur l'extravagance de ses prédécesseurs, Domiticn donna au Sénat et aux Chevaliers un festin bien macabre. Il commença par faire peindre en noir les lambris, les murailles, le pavage, les meubles et les sièges de plusieurs chambres dans lesquelles on introduisit les sénateurs et les chevaliers, et où on les fit asseoir. Puis on apporta près de chacun d'eux une colonne sépulcrale , d'où pendait une lampe, semblable à celles qu'on allumait devant les tombeaux, et sur laquelle ils virent leurs noms gravés. En même temps entra un groupe d'enfants, tout noircis, et ressemblant à des spectres, qui commencèrent une danse funèbre autour des invités, en faisant les gestes usités dans les obsèques. Ensuite les convives furent conduits dans la salle du festin, et Domitien ne leur parla que de sang, de massacre et de mort... Quand le repas fut terminé, les sénateurs et les chevaliers espéraient pouvoir se retirer librement; mais ils retombèrent dans une nouvelle terreur, quand on les força à monter dans des litières conduites par des gens inconnus. On les ramena pourtant chez eux; et Domitien, satisfait de l'effroi qu'il leur avait causé, leur fit même remettre des présents en compensation.
Horace s'élève contre la folle abondance des repas de son temps : « A force d'absorber rôtis, bouillis, poissons et gibier, les sucs du corps se tournent en bile...; et vous voyez chaque convive quitter la table, la pâleur au front. »
Dans une de ses Lettres, malheureusement trop longue pour que nous la citions tout entière, Sénèque décrit en maître les conséquences de la gourmandise des viveurs de son temps : « Depuis qu'on prépare les aliments, non pour apaiser la faim mais pour l'irriter, écrit-il, la nourriture devient un fardeau pour l'estomac; de là le tremblement des muscles imbibés de vin, et la démarche incertaine comme celle de l'ivresse; de là l'hydropisie qui gonfle la peau; de là cette expansion de bile