Loc. citât
bourgeons de bambous, — œufs et poissons salés, — crabe bouilli, — chien en hachis, — porc en miettes, — chat noie à l'étuvée, — rat frit, — graines de melon, — bols de riz, — crevettes vivantes.
Il y a des restaurants de viande de chien tort renommés; ailleurs un écriteau, cloué au mur, apprend qu'on trouve dans la maison, en tout temps, de bonne chair de chat noir, l'espèce de eette couleur étant la plus estimée. Une paire d'yeux de chat noir avec une sauce à part, vaut quatre piécettes d'argent! Le chien noir se mange aux fêtes des solstices d'été, dans l'espoir d'être préservé des maladies, toute la saison : aussi, à cette époque, les restaurants spéciaux sont-ils envahis. « On mit aussi (leva ut moi, dit un invité, des crevettes enivrées; le couvercle du bol étant levé, elles se mirent à sauter dehors follement. C'est à ce moment qu'un Chinois expérimenté aurait su les rattraper prestement, au bout de ses bâtonnets; mais je n'étais pas de cette force. Quant à mettre ces bêtes vivantes et frétillantes dans ma bouche, rien ne put m'y déterminer1. Pendant tout le repas, de petits carrés de papier, larges de six pouces, nous ont tenu lieu de serviettes. »
Quand le Chinois porte un toast, au lieu de prendre son verre seulement de la main droite, il y ajoute la main gauche comme si le verre était bien pesant; il l'avance du côté de la personne dont il porte la santé, puis, avant de boire, échange avec elle un salut qu'il renouvelle après avoir bu.
Dans les provinces méridionales du Céleste Empire existe une secte de femmes, dont les membres font vœu de s'abstenir de chair, de ne manger que des légumes, et de passer leur vie à aller visiter des pagodes. En échange de leurs austérités, elles espèrent mériter, à la mort, de revenir habiter la terre, mais cette fois pour animer le corps d'un nouveau-né masculin. L'idéal est pour elles de « cesser d'être femme ». Ce sentiment, avonsnous vu, est très répandu chez les Orientaux.
Pour le pauvre, au Japon, la nourriture consiste en une épaisse portion de gozen, ou riz cuit à l'eau, et en quelques
1. Sur nos plages du Nord on voit constamment les femme» des pCchcurs manger toute3 vivantes, des crevettes ou a sauterelles de mer J>.
légumes macérés dans la saumure. Le riz est si bien l'aliment ordinaire, que les mots : déjeuner, dîner, souper, se traduisent pnr : « manger le gozen du matin, le gozen de midi, le gozen du soir ».
Lorsqu'on veut offrir un plat de choix, on accommode du poisson, de préférence à de la viande. Le taï ou dorade est très apprécié; on le mange cru, accompagné de purée de feuilles de laurier, et de radis blanc (daïkon).
Dans les grands jours, les aliments sont disposés sur la table, de manière à former de savantes pièces montées. « Tantôt c'est un paysage en miniature, où l'artiste a fait entrer des racines et légumes de tout genre, qu'il a décorés à son gré; sur de minces cours d'eau faits de filaments d'oignons, se voient de petits canards sculptés dans des navets; et des constructions minuscules sont édifiées au moyen de cubes de carottes, figurant des murs de brique... Il y a des rochers de pommes de terre émergeant de flots de mayonnaise, ou encore d'énormes barbues transformées en navires... l »
Les Annamites trouvent délicieux les vers blancs appelés vers palmistes, qu'ils récoltent dans le dattier nommé cha-la. La chair de ce petit animal est blanche et délicate; bien souvent, après avoir recueilli ces vers , ils les engraissent pendant des mois en leur donnant une nourriture choisie : pêches succulentes, jus de poires, de pommes, de kehys, de banane. On prétend que les gourmets retrouvent tous ces parfums condensés dans la chair du ver, qui a lui-même une saveur de lait sucré. On l'accommode sous forme de beignets ou de friture.
L'Australien se nourrit volontiers aussi de vers blancs, de chenilles, de fourmis et de hannetons.
Sans nous porter garant de sa sincérité, nous rapportons ici une annonce de New- York, relative à la publication d'un «journal qu'on peut manger ». Il est fait d'une pâte très mince qui se maintient en assez grande surface sans se briser. De plus, l'inventeur a composé une encre dont le chocolat forme la plus grande partie et qui, passée au four après l'impression, se fixe