‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 239 sur 323 · M. le Dr Magnan · texte numérisé non relu

M. le Dr Magnan

•'. /.'Alcoolisme.

330.000 débits de boisson, soit une boutique par 113 habitants, — en 1879, il s'en trouvait 354.000, c'est-à-dire une par 105 habitants, — actuellement, on en compte 400.000, soit un débit par soixante-dix- sept habitants.

Paris a près de 30.000 cabarets, et rue Saint-Denis, pour 252 numéros, on a compté 103 débits.

Nous en arriverons bientôt à imiter la Belgique qui a, dans certaines communes, 136 cabarets pour 146 habitations ouvrières; ou encore le Danemark, dont chaque habitant majeur ingurgite, par an, 67 litres de spiritueux divers.

Au point de vue de la consommation, la progression est naturellement proportionnelle au nombre des débits : ainsi la quantité d'alcool absolu absorbée en 1850 et en 1897, est dans le rapport de 150 à 428. Le titre des eaux-de-vie vendues dans les cabarets étant d'environ 30 degrés1, et toute tête d'habitant en France, sans distinction d'âge ni de sexe, représentant environ quatorze litres d'alcool tel qu'il est vendu dans les boutiques, il en résulte, qu'en fait, chaque véritable consommateur français absorbe, par année, environ cent litres de liquides plus ou moins alcooliques", sans compter tout ce qui est introduit en fraude.

Si l'on établit un parallèle entre les villes, on voit par exemple que les chiffres, très différents : 18,7, et 1 1/2 correspondent à la dépense d'alcool faite par les habitants de Cherbourg, de Paris et de Béziers.

Dans la répartition géographique de l'empoisonnement par l'alcool, la France, depuis quelques années, se place avant l'Angleterre, l'Autriche, la Russie, la Suède et la Norvège...

Et pendant ce temps, sa population va toujours en décroissant, dans d'effrayantes proportions.

Les alcooliques ne sont pas les seules victimes de leur grossière passion : ils transmettent leur infirmité constitutionnelle à leurs enfants. Ceux-ci naissent frappés au coin de la débilité physique

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