M. Coste, l'Alcoolisme, p
-. 60 à 70 centilitres à'eau-de-vie commerciale ont souvent causé le trépas. Avant de succomber, celui qui en a pris des doses massives est dans un état de mort apparente : il est ivre-mort, selon le terme populaire.
des cas de délire ayant nécessité l'internement, à la suite d'émanations alcooliques, senties seulement à travers un plancher.
Des esprits d'abstinents notoires tels que : Démosthène, Locke, Milton, Haller, Chevreul, Edison.., comptent peut-être parmi les mieux pondérés.
En résumé, la science ne fait que vérifier, en cela, le sage et judicieux conseil de l'Ecclésiaste qui a dit : « Les hommes qui se livrent aux travaux de l'esprit (eruditï), ne doivent prendre que très peu de vin *. »
L'alcool réchauffe, dit-on... De judicieuses expériences montrent au contraire qu'à un premier afflux sanguin, succède un abaissement de température de 10 à 15 degrés : aussi les explorateurs des régions polaires, les Nordenskjold, lesNansen, ont-ils renoncé à prendre dans leurs provisions des liquides alcooliques.
A la dose de 50 à 100 grammes, l'alcool arrête la digestion en détruisant les sucs gastriques; c'est ce qui fait croire bien à tort, qu'il est un mode d'alimentation; et l'autopsie d'un ivrogne montre son estomac semé d'ecchymoses et de points hémorragiques.
La mortalité des hommes sobres, comparée à celle des cabaretiers, est dans le rapport de 8 à 23 environ. Et si l'on veut d'autres chiffres précis, nous dirons que toute proportion gardée, il y a de 25 à 45 ans, 4 décès de ministres du culte, contre 18 de débitants ou aubergistes.
Quant aux maladies causées par l'alcoolisme, gastrites, névroses, épilepsie, troubles fonctionnels et cérébraux, elles sont prouvées, entre autres, par les statistiques des sociétés de Secours mutuels2 qui, ayant à payer des journées d'indemnité, étudient de fort près les causes du chômage. Observé pendant un certain laps de temps, ce chômage motivé par la morbidité des assurés, a été de 52 jours pour les abstinents, et de 193 pour les ivrognes.
Dans le département du Nord, un de ceux où l'on boit le plus, le nombre de suicides qui doivent être attribués à cette intoxication, a sextuplé en treize ans, s'élevant de 137 à 868 3.
En quinze années, d'après les constatations faites au Dépôt de