‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 242 sur 323 · L'Alcool, par les Drs Sérieux et Mathieu · texte numérisé non relu

L'Alcool, par les Drs Sérieux et Mathieu

la Préfecture de Police à Paris, les cas de folie alcoolique ont doublé, passant de 3(>7 à 729, soit un tiers de l'ensemble des cas d'aliénation.

Enfin, au point de vue de la criminalité en généra}, on compte 72 pour 100 d'intempérants1 : le chiffre monte à 90 pour 100, quand il s'agit d'individus condamnés pour blessures et violences.

Ce ne sont pas là des phrases, mais des faits.

C'est surtout depuis 1880 que l'augmentation des cabarets a été sensible, le décret du 29 décembre 1851 qui exigeait pour l'ouverture de tout débit l'autorisation préfectorale, ayant été abrogé... Et cependant on oblige les pharmaciens à ne pas délivrer les autres poisons, sans prescription formelle!

En Hollande, la loi de 1881 a combattu l'alcoolisme par la réduction des débits, et la répression énergique de l'ivresse publique. Or, dès 1882, le nombre des cabarets , qui était à Amsterdam de 2.003, a été ramené à 1.640 seulement, et la consommation de l'alcool a diminué de 10.000 hectolitres.

Vers 1838, se produisit en Irlande un mouvement général contre les boissons spiritueuses. A la tète de cette croisade se trouvait le P. Mathieu, de l'ordre des Capucins; durant cinq années, le zélé prédicateur reçut, en divers endroits, le serment d' abstinence de 5.6i0 personnes.

Au bout de quelque temps, 237 débits firent faillite, et l'une des prisons de Dublin dut être fermée, faute de détenus.

Il existe un moyen, aussi original que probant, de démontrer l'influence désastreuse de l'alcool. Le procédé expérimenté par le docteur Bûchnerr, consiste à soumettre des abeilles travailleuses au régime du miel alcoolisé : toutes leurs bonnes qualités disparaissent alors peu à peu, et sont remplacées par des habitudes de désordre.

D'abord, ces bestioles se plaisent à cette pernicieuse alimentation; puis, sous son influence, elles perdent l'instinct du travail, si normal chez les abeilles, et celui de la hiérarchie non moins puissant dans cette espèce; elles deviennent antisociables, révoltées, égoïstes, et se livrent au pillage et à la dévastation des ouvrages voisins.

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