‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 243 sur 323 · I. M. Marambat, greffier de Sainte-Pélagie · texte numérisé non relu

I. M. Marambat, greffier de Sainte-Pélagie

Cette suggestive expérience a été rapportée par le professeur Lombroso, dans les Archives italiennes d'anthropologie criminelle, et par d'autres après lui. Elle a été l'objet d'une vérification répétée et minutieuse.

Les conséquences individuelles et sociales de l'alcoolisme sont si graves, que tous les ans on constate que les Pouvoirs publics, tantôt dans un pays, tantôt dans un autre, réduisent de plus en plus la vente de ce produit redoutable. On peut même se demander si bientôt on n'en arrivera pas (sauf certaines réserves très limitées), à la prohibition légale du trafic des alcools.

Dans cet ordre d'idées le Parlement du Manitoba, province du Canada, a pris l'initiative d'une proposition radicale, dont nous résumons les principaux articles :

« La vente des liqueurs fortes est interdite dans la Province, qui aura la faculté de les fabriquer... mais pour l'exportation seulement.

« Les boissons enivrantes ne peuvent être consommées dans les clubs, cafés, logements, hôtels, ni bars.

« Les vins et liqueurs ne sont autorisés que pour les « usages sacramentels », ou comme médicaments, et délivrés seulement par des pharmaciens et droguistes licenciés.

« Dans un an, tout cabaret, bar, saloon n'ayant plus sa raison d'être, sera hors la loi.

« Chaque contravention sera punie d'une amende, pour la première fois, et de la prison en cas de récidive. »

Telles sont les dispositions rigoureuses qui ont été soumises au Parlement fédéral, au nom de la morale et de la santé publiques.

Le désir de se procurer l'ivresse n'incite pas seulement à absorber des alcools, mais encore d'autres toxiques : éther, opium, morphine, sous forme de liquide, de vapeurs, ou d'injections.

C'est surtout dans le comté de Londonderry, en Irlande, que se rencontrent les buveurs a" éther, et aussi les buveuses de cette essence qui, depuis trente ans, est si goûtée dans la verte Erin.

On ne s'habitue pas du premier coup à cette boisson : « Sît, saveur acre et brûlante demande une sorte d'apprentissage du gosier et de l'estomac. Aussi commence-t-on, en général, par

ingurgiter un peu d'eau avant d'avaler le verre cTéther. A la

Longue, le palais se durcit, La gorge se cuirasse. L'estomac se tanne. Le buveur, au lieu de prendre l'eau préalablement, la mélange à sou breuvage; avec Le temps, il finit par absorber l'éther pur. Les jours de marché, dans les rues, vous è(es saisi par cette pénétrante odeur : tous ces gens en ont avalé peu ou prou... Tout à coup, vous eu voyez qui étaient calmes en apparence, se mettre à gesticuler, à rire aux éclats; puis ils tombent dans une extase stupide ou dans une inertie cataleptique, qui se traduit alors par une immobilité de cadavre, en attendant le coup de faux de la mort 4. »

Une particularité expliquera l'attrait qu'éprouvent les éthéromanes : l'éther, qui finit par les abrutir, commence par leur inspirer une extraordinaire gaieté factice. Cette propriété hilarante est attribuée aussi au protoxyde d'azote.

Une autre ivresse, bien connue aux Indes, et surtout en Chine et en Cochinchine, est celle des fumeurs d'opium, qui, à travers les hallucinations, tombent dans un état voisin de la mort.

On a contesté l'existence, en plein Paris, de cafés, ou plutôt de salons d'opium, fréquentés par certains officiers ou fonctionnaires qui ont habité l'extrême Orient. Le fait est pourtant si exact, que l'on peut citer une saisie opérée par la police parisienne, en mars 1900, dans un fumoir d'opium, la poursuite étant dirigée sous le grief de « mise en vente de produits réservés ».

En Cochinchine il y a des fumeries d'opium, tenues par des Chinois patentés; l'accès de ces établissements est interdit aux femmes et aux Européens. « Le local se résume en une salle contre les murs de laquelle sont adossées de larges banquettes, recouvertes de nattes de paille, où s'étendent les fumeurs. Leur tête repose sur de petits oreillers en porcelaine ou en cuir durci. Ils restent là de longues heures, et môme des journées entières, fumant l'opium dans des pipes qu'on leur sert toutes préparées. La plupart prennent alternativement une pipe d'opium, et une cigarette d'un tabac chinois très fort. L'atmosphère de la salle se charge de vapeurs épaisses, la chaleur s'élève pro-

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