Aydbnb amerar, charité
l'Ame d'une prière à Dieu; ensuite on ne prenait que le nécessaire pour satisfaire sa faim; on causait en se rappelant que Dieu écoute; on buvait peu, on chantait ensemble les louanges du Seigneur et l'on terminait par une oraison. »
Saint Paul dénonce comme « ennemis du Christ les hommes qui font un dieu de leur ventre » ; et dans son Epitre aux Romains il conseille de ne point boire de vin, sans toutefois l'interdire aux fidèles i. Saint Jérôme dit que les chrétiens en usaient modérément2; en tout cas, quand ceux-ci en prenaient, la coutume était d'invoquer le nom divin, dans une des formules suivantes : Vivas in Christo! ou encore : Bibas in pace Dei! 3.
Néanmoins, dès le 111e siècle, de graves abus s'introduisirent dans les agapes, qui étaient servies, non seulement chez les fidèles, mais aussi dans les basiliques et les oratoires; et le concile de Laodicée dut interdire désormais aucun banquet dans tout édifice consacré au culte.
On sait que les Juifs différaient jusqu'au coucher du soleil Tunique repas de leurs jours de jeûne : cette coutume passa dans la primitive Église, puis dans les contrées occidentales. Encore au vme siècle, il n'était permis de rompre le jeûne qu'à l'heure des vêpres, vers six heures du soir. Exceptionnellement, Charlemagne fut autorisé à manger à quatre heures, par charité pour ses officiers et ses courtisans qui, suivant l'étiquette de la Cour, ne prenaient leur repas qu'après le sien, table par table, selon leur dignité; et grâce à cette dispense les cuisiniers royaux et leurs aides ne furent plus obligés d'attendre la nuit pour se sustenter.
Peu à peu, à partir du xe siècle, on avança le premier repas à trois heures, et même à midi pour les personnes faibles et délicates. Au xvie siècle l'exception était devenue la règle : les plus robustes ne se faisaient plus scrupule de manger vers midi4. Mais pour sauver le principe de ne rompre le jeûne qu'au moment des vêpres, on avança l'heure normale de ces chants.