Discours d'un docteur de Paris daté de
le roi et le Parlement hésitèrent longtemps à sanctionner cette concession; mais l'Église tint bon 1 ».
C'est en vertu d'Ordonnances, d'Arrêts de Parlement, de décisions de Police, qu'étaient dirigées les poursuites pour contravention aux lois de mortification; et si l'on n'avait pas de quoi payer, « on était fouetté par les carrefours, » comme le dit, par exemple, une décision du 3 février 1565 2; ou encore « attaché au carcan devant le Grand-Châtelet, avec une fressure de veau pendue au col, » ainsi qu'il advint à un sieur Gardy, entre autres, pour avoir vendu de la viande en temps de Carême.
On a dit que, si le Pouvoir civil montrait peu d'empressement à accepter ces concessions de l'Église, c'est que le fisc d'alors avait grand intérêt à relever les contraventions commises contre l'abstinence et le jeune, car il y trouvait profit évident. Ainsi, par exemple, aux termes de l'Ordonnance du 20 janvier 1563 : « les bouchers, rôtisseurs et poulaillers, qui exposeraient aucune chair durant Carême, encourraient de 50 à 100 livres d'amende, moitié au dénonciateur, moitié au roi. » Et la plupart des condamnations sont rendues dans des termes analogues.
Pour échapper à la surveillance religieuse du lieutenant de police à Paris, les « libertins et débauchez », ainsi qu'on les qualifiait alors, s'en allaient par bandes aux environs, notamment à Charenton, « manger en gras » ; ce qui motiva une Ordonnance de Police du 1er mars 1659 pour réprimer « ce scandale public ».
Un édit de 1549, sous Henri H, défendit expressément les achats de viande les jours d'abstinence, sans certificat de médecin. Clément Marot fut emprisonné pour un morceau de lard.
Selon Brantôme, une femme qui avait été convaincue d'avoir mangé en Carême du chevreau et du jambon fut « condempnée à se pourmener par la ville avec un cartier d'agneau sur l'espaule, et un jambon au col3 ». Les huguenots eux-mêmes