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phistes de l'Inde faisaient vœu de ne jamais manger ce qui avait eu vie; et bien des sectateurs de Brahma gardent encore aujourd'hui cette observance dans l'Hindoustan.
Pythagore ne permettait qu'un usage très modéré de la viande et du vin, et il les défendait absolument à ceux qui* aspiraient à une plus grande vertu. « Pour élever les âmes à l'union divine, disait-il, on doit les détacher de cette enveloppe mortelle qui les tient enchaînées et leur communique ses souillures. » Dans la même pensée supérieure, Platon, et d'autres maîtres illustres, obligeaient leurs disciples à se priver d'aliments et de boissons recherchés... C'est de la secte pythagoricienne que sont sortis Épaminondas, si célèbre par ses vertus, Architas, par son génie; Milon de Crotone, par sa force prodigieuse, et Pythagore lui-même, l'homme le plus éclairé de son temps.
Avant d'être initié aux mystères de Cybèle ou d'Eleusis, il fallait jeûner sept, et même dix jours.
Les Romains avaient des jeûnes solennels en l'honneur de Cérès et d'Isis.
Ainsi la philosophie païenne elle-même admettait que l'abstinence est utile à la perfection de l'âme : « Le sage, dit Sénèque, n'est pas l'ami, mais le maître de son corps qu'il regarde comme un véritable fardeau. Il lui accorde uniquement ce qu'exige sa santé; il le traite même durement pour le rendre plus soumis à l'esprit1. »
Point de doute ! la bonne chère et la pléthore ont fait mille fois plus de victimes que les privations de l'ascétisme.
Les peuples qui vivent de végétaux, remarque Bernardin de Saint-Pierre 2, sont les plus robustes, les plus forts, les moins exposés aux maladies, et ceux dont la vie dure le plus longtemps. Tels sont en Europe une grande partie des Suisses.
Les paysans, qui représentent la portion du peuple la plus vigoureuse, mangent relativement peu de viande.
Les Turcs, les Russes, nous venons de le voir, ont de nombreux jours d'abstinence, et cependant ils résistent mieux que d'autres à toutes sortes de fatigues.