‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 254 sur 323 · M. D'Arbois de Jubainville, Rev. Uist · texte numérisé non relu

M. D'Arbois de Jubainville, Rev. Uist

Après ce jeûne démonstratif, et en même temps symbolique, le créancier devenait alors libre d'invoquer son titre, et môme d'assigner, si la dette n'était pas reconnue, ou si le débiteur ne u répondait pas au jeûne » en donnant des garanties.

Supposons maintenant qu'en dépit de la démarche dont nous venons de parler, « le débiteur soit assez hardi, dit la loi, pour persister à ne pas s'acquitter envers le créancier qui a jeûné l ». Qu'arrivera-t-il?

Le débiteur dans ce cas devra, comme pénalité, payer « le double de la somme ».

Et non seulement cette dette ainsi doublée devait être, dans la pensée de la Loi, une sorte d'amende, mais de plus elle impliquait une flétrissure morale : en effet Y obligation du double était la peine du vol dans le droit commun du pays.

Nous élevant plus haut maintenant, contemplons comment les saints ont combattu, et vaincu en eux, l'instinct de la gourmandise et l'amour du bien-être. Nous grouperons nos épisodes dans l'ordre logique des idées, sans nous préoccuper autrement de la succession chronologique.

Non contentes d'observer, d'une manière scrupuleuse les lois ecclésiastiques, nombre d'âmes assoiffées d'un désir d'expiation ou de mortification, ont recherché les âpres joies de la pénitence poussée souvent jusqu'à l'héroïsme.

Saint Jean Chrysostome, saint Yves et beaucoup de saints ont renoncé au vin : saint Gerlac fit le vœu de n'en jamais boire. On ne put pas non plus décider sainte Geneviève à en prendre, même dans sa vieillesse 2.

Sainte Rose de Lima est demeurée sept semaines sans boire. Madame de la Vallière passa la dernière année de sa vie dans cette souffrance. La vénérable sœur G. de Valence se condamna à rester sept ans dans l'abstinence complète de tout liquide.

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