‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 256 sur 323 · P. F. Rouvier, Au berceau de Vautre France · texte numérisé non relu

P. F. Rouvier, Au berceau de Vautre France

L'INTEMPÉRANCE A rKAYKKS LES AGES. 453

mains : le Linge manquant, les durons s'essuient les doigts à leurs cheveux ou sur le dos de leur chien*.

Dans l'ouvrage que nous citons, un missionnaire raconte gaiement comment, pressé par la faim, il mangea des lambeaux de sa robe. Quoique invraisemblable, le fait s'explique : en effet, pour rapiécer son vêtement, il avait cousu sous les déchirures, des morceaux de peau d'anguille ; or il en fut réduit, un jour, à absorber ces débris indigestes pour ne point mourir d'inanition.

Terminons par l'extrait d'une lettre du R. P. de Deken sur la manière dont on se sustente au Congo 2.

« Las des plats de tourterelle et d'antilope, rapporte ce missionnaire, j'eus la chance de trouver mieux une fois, aux environs de Léo : sur un grand arbre, un gros singe se lissait la barbe. Une cartouche le frappa d'un coup mortel. J'hésitai d'abord à le charger sur mes épaules tant son poids était grand; mais je réfléchis qu'un civet de singe ne serait point à dédaigner... Un de nos invités, goûtant à ce plat, nous demanda naïvement si le lièvre abondait dans les plaines; et pour le convaincre, on dut lui exhiber la tète grimaçante de l'animal... Un autre gala se composa de patates à l'ail, accommodées à la graisse d'hippopotame et rehaussées de pili-pili ou poivre indigène, puis d'énormes chenilles jaunes sautées dans l'huile de palme. Ces larves, longues de six centimètres et larges de deux, ont la peau lisse, la chair ferme et se trouvent dans la moelle des palmiers. Ce mets serait tout à fait délicat si on pouvait y ajouter quelques gouttes de citron... » Et l'auteur ajoute que la queue de crocodile et les fourmis blanches sont aussi des aliments qu'un missionnaire ne doit pas mépriser.

N'est-ce point le cas de répéter ici avec saint Jérôme : « Il n'est rien, en vérité, qui décourage l'ardeur de la charité; pour elle toute répugnance est vaincue; par elle tout devient aimable, quand même ! »

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