‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 257 sur 323 · LE GOUT DU THEATRE ET DE LA DANSE DANS L'HUMANITÉ. LE ROMAN MODERNE · texte numérisé non relu

LE GOUT DU THEATRE ET DE LA DANSE DANS L'HUMANITÉ. LE ROMAN MODERNE

Les transformations du théâtre dans l'histoire. — Recherches sur les origines religieuses de l'art théâtral. — Détails sur les représentations chez les Grecs et les Romains : le thumélê et la liturgie théâtrale. — Pourquoi on baissait la toile pour commencer la pièce. — Marionnettes sacrées; syringe, sifflet, décors, trucs et masques, rôles de femmes... — De l'emploi des condamnés à mort dans les drames. — Particularités sur le théâtre au Japon, en Chine, dans l'Inde, en Turquie, en Perse, etc., d'après des documents originaux. — Coup d'oeil sur le théâtre contemporain : ce qui plaît surtout à la scène. — Pourquoi les pièces sont rarement morales... — La danse au point de vue historique. — Pantomimes pieuses des Égyptiens. — Textes de l'Écriture Sainte sur la danse chez les Hébreux. — Chœurs cycliques des Pélasges; chorodies, crembales... — Danses comiques en Grèce : la grue, le vautour, la chouette, le hibou.— De l'usage du scabellum pour marquer la mesure. —Danses pieuses des premiers chrétiens. — Droit féodal « de ménestrander »; confrérie des Maîtres à danser. — Danse macabre. — La mimique des non-civilisés : danses dites du phoque, du gorille, du kangourou, de l'ours... — Danses sacrées ou guerrières. — La vie réelle et le roman : étude critique, etc..

I. — Qui reconnaîtrait dans le théâtre , tel que nous le voyons , une institution d'origine sacrée, une des formes déviées du culte et des premières liturgies?

Rien n'est moins contestable cependant, comme nous allons le rappeler en quelques lignes : les plus profanes de nos amusements, le théâtre et la danse, sont issus du sentiment hiératique et de la piété des peuples.

La tragédie grecque avait pris naissance aux fêtes de Bacchus1, et faisait positivement partie du culte public; les théâtres devaient être édifiés dans le voisinage du temple du dieu; et pendant la durée de leurs fonctions, les acteurs et les

1. Aux fêtes des Pressoirs ou Lénéennes, et aux Dionysiaques, des concours dramatiques étaient ouverts.

chanteurs, assimilés en quelque sorte à <l(,s prêtres, étaient déclarés inviolables et sacrés,

I usidérée en elle-même, l'œuvre tragique chez les Grecs est tout inspirée dos croyances nationales; et à chaque page l'idée pieuse apparaît, pour raconter les aventures des dieux, signaler leur protection à l'égard des hommes, décrire les épisodes se rattachant à la sépulture ou à la glorification de leurs héros.

Les jeux de la scène étaient si hien un des éléments du culte que, au milieu du proscenium, se dressait une estrade carrée appelée thumélê, sur laquelle on offrait des sacrifices à Bacchus (Dionysos) , avant de commencer le spectacle. Et c'est autour de cet autel occupant la place d'honneur, que se groupaient les musiciens et les choristes qui avaient un rôle prépondérant dans le théâtre antique. L'offrande, consistant généralement en un bouc, était consacrée à Bacchus quand on représentait une tragédie1, et à Apollon quand c'était une comédie. Au premier rang et à la place d'honneur se trouvait un siège destiné au grand prêtre du dieu.

La dépense du chœur2 était réservée aux riches citoyens qui, en payant ces frais, appelés liturgies3, pensaient remplir un devoir de piété patriotique, tout en conquérant les suffrages populaires.

Enfin, si singulière que la chose paraisse, il n'est point jusqu'aux marionnettes, admirées sur les théâtres grecs, qui n'aient eu une origine sacrée. Athénée s'élève contre ses contemporains de la Grande Cité, qui n'ont pas rougi de faire représenter, par les fantoches du nommé Pothein les plus respectables personnages des tragédies d'Euripide.

Les Grecs avaient emprunté les marionnettes aux Égyptiens; dans leurs pérégrinations ou dans leurs fêtes publiques, ils apportaient do petites statues des dieux, de Bacchus notamment,

1. De Tç,âY°î> bouc, et C,yyrn chant. — Boileau, d'aprè3 Horace, dit qu'on donnait aussi un bouc au premier artiste. (Horace, De art. p., 220; Boileau, Art p., III, 61).

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