‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 26 sur 323 · Les fîtes de nos pires · texte numérisé non relu

Les fîtes de nos pires

FBTBS POPULAIRES DEPUIS L'EEE CHRETIENNE. ;9

ques du temps. Des banderoles aux couleurs éclatantes flottaient

sur les tours des églises; 1rs cloches sonnaienl à toute volée; ic joyeux cortège, précédé de tambours, de trompettes et de fifres, s'en allait par les rues, portant de riche! bannières, des bâtons enrubannés, des lances et des étendards, el chantant

Laudes à pleins poumons. Outre les jeunes phalanges, la procession comprenait un cortège bourgeois, suivi des corporations,

des artisans et des valets.

Les gens du peuple qui faisaient cette quête, avaient une vulgaire corbeille d'osier suspendue à leur cou; les autres la choisissaient plus ou moins ornée, suivant leur situation de fortune. Quelquefois les jeunes tilles des castes privilégiées les faisaient tenir par de jeunes pages, ou porter par de petits chiens caparaçonnés de soie multicolore et tenus en laisse par des laquais non moins bariolés. Chacun cheminait ainsi, se présentant de maison en maison; et nul, parmi les visités, n'eût osé refuser les œufs requis1 , car la plus grande partie de la collecte était destinée aux maladreries ou aux indigents.

Encore aujourd'hui, dans certains villages du midi de la France, beaucoup de paroissiens ont conservé l'habitude d'offrir un panier d'oeufs à leur curé pour la fête pascale.

Par suite de la rigide observance du Carême d'autrefois, les œufs ne pouvant être ni mangés ni vendus pendant la période quadragésimale, on prit l'habitude de les cuire pour les conserver, et cet usage a persisté.

On n'a commencé à les colorer dans le commerce que sous le règne de Louis XIV. Le premier industriel qui vendit des œufs rouges fut un nommé Solirène, établi « à la descente du Pont- Neuf, près de la Samaritaine ».

Cette innovation eut un succès extraordinaire, et Saint-Simon

nous apprend dans ses Mémoires, qu'il était d'usage, la veille de

Pâques, d'élever dans le cabinet même de Louis XIV de vraies

pyramides d'oeufs coloriés, dont Sa Majesté faisait présent ensuite

- courtisans.

En effet, au xvn" et au xvin siècle, à l'issue de la messe de

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