‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 263 sur 323 · Vivus cremebatur (Tertull., Ad nationes, I · texte numérisé non relu

Vivus cremebatur (Tertull., Ad nationes, I

LE THKATKi:. l.A DANSE BT LE ROMAN. 463

Le théâtre japonais, par Lequel nous commencerons, offre une

couleur locale des plus accusées.

Les salles de spectacle sont de grandes constructions en bois, hautes d'un étage seulement, et divisées ou carrés égaux

comme un damier, formant des espèces de Loges pour quatre personnes. Dans ces Loges, <>u plutôt dans ces boites, ne se trouve aucun siège, les spectateurs japonais ayant l'habitude de s'asseoir sur leurs talons. Les familles ou les amis qui occupent les Loges, y apportent des victuailles et même des ustensiles Leur permettant de faire un ou deux repas, caria moindre représentation dure au moins dix heures. Autrefois elles se prolongeaient de quinze à dix-huit heures.

Ce qui explique la longueur des spectacles, c'est que le drame japonais s'affranchit complètement de ce que nos classiques ont appelé <( l'unité d'action». Ce qui serait pour nous un dénouement n'est nullement là-bas la fin du drame, qui admet parfaitement une série d'événements successifs auxquels la mort même de tous les personnages en scène ne met pas fin, la disparition de ceux-ci amenant des conséquences posthumes, que le public japonais est jaloux de connaître.

Depuis le vestibule jusqu'à la scène, se trouve un passage en planches, établi à la hauteur des tètes des spectateurs, seules visibles au-dessus des caissons. C'est par cette sorte de pont que pénètre le public, et aussi que les acteurs entrent ou sortent, chaque fois qu'ils sont censés venir de la rue ou gagner la campagne.

De plus, pendant que l'action principale se déroule sur le théâtre même, des scènes accessoires représentant des incidents du drame, se jouent d'une façon indépendante sur les côtés de la salle ; ce qui permet de donner à la pièce une plus grande vérité. Dans nos drames, par suite de la disposition scénique, s'il y a par exemple un projet de conspiration ou de délivrance, l'auteur se trouve dans la nécessité de faire sortir son héros principal pour faire défiler devant le public les événements qui, peut-être dans la réalité, doivent se passer simultanément; ou encore il place, cote à côte, des épisodes ou des personnages en dehors de toute vraisemblance. Les Japonais, en

s'afîranchissant de l'unité de lieu, poussée souvent à l'excès, donnent mieux l'illusion de la vie réelle; et à ce sujet, un consul de France constate dans une étude spéciale « que la vie du drame gagne beaucoup à ce procédé, toute la salle participant, pour ainsi dire à l'action; et que ce décousu apparent est encore l'image des incidents de la vie quotidienne ».

« Il y a même des changements à vue, la scène, avec tous ses décors, pivotant sur elle-même par le mécanisme d'une plaque tournante. Ainsi un acteur entre-t-il dans une maison? on le voit franchir la porte pendant que le théâtre tourne ; et bientôt , de l'autre côté, apparaît l'intérieur de l'habitation dans laquelle il a pénétré1. »

Au lieu de se relever, le rideau se tire de côté. Quant à Y orchestre qui fonctionne presque sans discontinuer, même pendant les dialogues, il est dissimulé derrière un décor sur la gauche de la scène. Les instruments principaux sont : le koto , le schamisen qui se jouent en pinçant les cordes, puis, une sorte de flûte, des tambourins et des timbales de métal. Du côté opposé à l'orchestre, c'est-à-dire à droite, se tient le chœur qui, par ses chants, explique, soit la pensée du drame, soit les sentiments intimes des personnages.

Une part considérable est faite à la pantomime : des scènes entières sont consacrées à mimer telle ou telle situation où la parole serait inutile.

Au milieu de la représentation, on voit circuler des « ombres », c'est-à-dire des individus enveloppés dans une étoffe noire pour ne point distraire l'attention : ce sont eux qui apportent ou enlèvent les accessoires nécessaires à l'action.

En principe, il n'y a pas d'actrices au théâtre japonais ; leurs rôles, comme dans l'ancienne Hellade, sont tenus par des hommes.

Malgré la longueur des pièces, on n'a recours qu'exceptionnellement aux souffleurs. La raison en est que Facteur japonais, au lieu de réciter un rôle immuable, comme chez nous, a au contraire pour devoir de se livrer à Y improvisation, en brodant le dialogue sur le simple canevas qui lui a été fourni. Il lui suffit

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