‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 265 sur 323 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

2. Comme souvenir personnel, citons une séance littéraire, donnée à la Mairie Drouot I Paris, et où un lettré, feu Matayosi Saizau, se déclara incapable de jouer la scène nscrite au programme, si on ne pouvait lui procurer un éventail rouge.

défaveur extrême, les artistes ne se peuvent recruter que dans une catégorie sociale très inférieure. De plus, dans les premiers théâtres des grandes villes, les femmes ne sont pas tolérées sur la scène : de jeunes garçons remplissent leurs rôles. ce qui, évidemment, n'est point favorable aux progrès de Fart dramatique. Il y a bien des troupes ambulantes où figurent de misérables jeunes filles; mais ce sont d'abjectes créatures, incapables de faire preuve de talent, et n'ayant aucune éducation artistique.

Une particularité de la loi chinoise prouvera bien qu'il en est ainsi : les officiers civils ou militaires et les Chinois revêtus de dignités héréditaires, qui seraient vus faisant société avec des acteurs ou des actrices, encourraient soixante coups de rotin. Quant aux industriels qui achètent ou détournent des enfants pour en faire des figurants auxiliaires, ils s'exposent à recevoir cent coups.

Une peine semblable est édictée contre les jeunes Chinoises qui, nées de parents libres, épouseraient un comédien : le mariage est déclaré nul, et les biens sont confisqués1.

Gênés dans leurs représentations, par l'absence de femmes sur les planches, les Tartares Mongols ont tenté d'y faire monter de* comédiennes (ou tchang-yeou) ; mais le mépris qu'on manifesta pour elles leur fit donner le nom significatif & actrices -guenons 2. Cependant la Chinoise qui se contente de paraître sur les planches, comme chanteuse ou danseuse, n'attire pas sur elle l'opprobre qui s'attache à l'actrice.

Les Annamites sont grands amateurs de jeux scéniques; pourtant leurs pièces, malgré de riches décors, sont on ne peut plus primitives, quant à leur conception ou leur affabulation.

Loin de se préoccuper d'imaginer une intrigue animée ou un dialogue mouvementé, le dramaturge se borne à faire défiler successivement ses personnages devant l'auditoire. Chacun d'eux fait à tour de rôle son entrée, accompagné, suivant son importance, de deux, de quatre ou de six valets portant des ori-

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