Ou
Prophète, à se tordre les mains, à s'arracher les cheveux, à mettre en lambeaux leurs vêtements, à se frapper la poitrine ». Et lui-même, donnant l'exemple, jette à terre son turban, déchire le haut de sa chemise, se porte de grands coups sur le buste, et se tiraille la barbe.
Ces manifestations de douleur, jointes aux paroles proférées, exercent peu à peu leur contagion sur l'assistance; et l'on voit bientôt les femmes les cheveux épars, et les hommes fanatisés, faire sur leur tête avec la pointe de leurs couteaux, des incisions sanglantes.
Comme ces représentations, malgré leur caractère hiératique, n'empêchent pas les incidents tumultueux qui surgissent souvent dans les assemblées nombreuses, des gardiens1 sont apostés partout dans la salle, armés de gros bâtons.
Les intermèdes, que goûte surtout le vulgaire, se composent d'acrobaties et de contorsions accompagnées de claquements de castagnettes d'acier, ou encore d'assauts de sabres pesants rebondissant sur de petits boucliers de métal, dans un enchevêtrement d'attaques et de ripostes rapides.
Les sectateurs de l'Islam sont en général respectueux de leur religion, qu'ils apprécient surtout, en ce qu'elle ne les querelle pas au sujet « des houris aux yeux d'antilope ». Cependant il existe en Perse des troupes de comédiens inférieurs, jongleurs2 et danseurs, qui, accompagnés de bayadères3, jouent des farces4 où la parodie religieuse occupe une place importante.
Barbouillé de lie de vin, de farine, de suie ou de jaune d'œuf, le « héros chauve » , sorte de Tartufe persan , ridiculise les mollas, ou fait preuve de la plus profonde hypocrisie.
Dans un style imagé , un auteur 5 donne une impression générale de ce que sont les représentations particulièrement goûtées des Égyptiens actuels :
« Saltations légères d'adolescents rieurs, qui obéissent aux