Aug. Barbier
2. Ou rigaudon, inventé, dit-on, par Rigaud, maître de danse.
toutes les protestations énergiques ou les diatribes virulentes formulées au nom de la morale chrétienne depuis saint Basile1, saint Jean Chrysostome2 et saint Ambroise, jusqu'à MM. Boullay et de Brieux-Saint-Laurent, nous citerons seulement ces réflexions charitablement paternelles de saint François de Sales, répondant à des chrétiens qui l'interrogeaient sur le plaisir des bals :
« En soi, les danses et les bals seraient choses indifférentes de leur nature, dit-il; mais, selon l'ordinaire façon avec laquelle cet exercice se donne, il est fort penchant et incliné du côté du mal, et par conséquent bien près du danger même. On y fait de grandes veilles après lesquelles on perd les matinées des jours suivants. Quelle folie d'échanger le jour contre la nuit, les lumières contre les ténèbres, les bonnes œuvres contre les folâtreries! Et puis surtout, chacun porte au bal le poison de la vanité, et la vanité est une dangereuse disposition... »
Enfin, quand on alléguait devant saint François de Sales, une bienséance indispensable ou une obligation réelle : « Allez-y donc s'il le faut! répondait-il avec douleur; mais alors pensez que, dans le moment même plusieurs souffrent dans l'autre monde... »
Restant dans notre rôle d'historien, bornons-nous à parler, au seul point de vue documentaire, des jeux de Terpsichore, considérés comme scènes rythmées.
De même que le théâtre profane procède du drame sacré, de même la danse, en tant que manifestation publique, eut d'abord un caractère religieux, si bien que dans les cérémonies solennelles, les prêtres jouissaient seuls du droit de se livrer à cet exercice pieux.
La danse ne fut primitivement en effet ni un pas gracieux, ni une ronde cadencée, ni une marche tournante : celle des prêtres égyptiens, par exemple, consistait en une grave pantomime, en un « geste symbolique », rappelant les épisodes et les traditions relatives aux divinités adorées sur les bords du Nil.