Ubi saltalio, ibi diaboîus
La Bible nous apprend, qu'après le passage de La nier Rouge, la sœur d'Âaron, la prophétesse Marie, ayant pris un tambour, toutes les femmes la suivirent en chantant et dansant, pour célébrer la merveilleuse traversée de la mer1. Au livre second des Rois*) on voit que David revêtu d'un éphod de lin « danse de toute sa force devant Tare lie ».
Plusieurs n'ont pas manqué de citer ces épisodes et d'autres encore, en faveur des danses si souvent blâmées cependant par les Pères de l'Église. Mais ce serait une erreur de se prévaloir de l'Écriture Sainte, pour chercher à la mettre en opposition avec le jugement des Pères. Oui, la prophétesse conduit le chœur des femmes; mais les hommes en sont exclus; et en second lieu, quand le roi-prophète saute de joie devant l'arche du Seigneur, « il n'obéit en rien à un sentiment voluptueux, comme le remarque saint Ambroise 3, car c'est tout seul qu'il danse emporté par une sainte ivresse. Il se conformait ainsi au vœu de l'Ecclésiaste : « Il y a un temps pour s'affliger, et il en est un pour bondir de joie4. »
Les rondes mystiques, les chœurs cycliques en usage chez les Pélasges, évoluaient autour des autels ou des victimes : ce fut l'origine des tragédies données en l'honneur des dieux.
La danse classique est née, en Grèce, avec la poésie. Elle prenait tour à tour pour thème : les mouvements des astres, le renouvellement des saisons, les moissons, les vendanges, les événements de la vie des pasteurs ou celle des citoyens, qu'il s'-agit de funérailles ou d'hymen. Amoureux de la forme, épris pardessus tout de la beauté plastique, habitués dès l'enfance à tous les exercices du gymnase, les Grecs regardaient l'harmonie dans les mouvements et le rythme comme autant de manifestations cultuelles, chères à la divinité.
Bien avant l'établissement des théâtres proprement dits, l'instinct imitatif a trouvé chez tous les peuples à se produire et à se satisfaire, en réunissant la poésie, la danse et la musique,