‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 276 sur 323 · M. Farrer, Primitive Jfanners and Custoi · texte numérisé non relu

M. Farrer, Primitive Jfanners and Custoi

48 i HISTOIRE DES CROYANCES, MŒURS, COUTUMES.

des Cafres qui, au moment de partir pour la chasse poursuivent et font semblant de percer de leurs sagaies un des leurs, qui marche à quatre pattes, en tenant une touffe d'herbes dans la bouche.

Il en est de même de cette pratique des Australiens, à l'époque de l'admission des jeunes gens au nombre des hommes : groupés autour d'un mannequin à forme de kangourou, des guerriers pourvus de longues queues en herbes nattées, font tous les mouvements propres à ces marsupiaux.

Il faut attribuer la même signification aux danses de guerre, où les nègres, comme les Peaux-Rouges, simulent toutes les péripéties de la future expédition, rappelant ainsi aux Génies protecteurs de la tribu ou aux Mânes de leurs ancêtres de penser à eux, et leur dépeignant, d'une façon claire, les projets en vue desquels ils réclament leur assistance.

Évidemment, le sauvage pense qu'il se fait mieux comprendre ainsi, que par des prières parlées ou chantées.

Voici, d'autre part, comment un voyageur1 dépeint la danse de V oiseau, telle qu'elle se voit aux îles Marquises : « Pendant que les bayadères rivalisaient de souplesse et de légèreté, on vit; tout à coup une femme, couverte de chevelures de guerriers, survenir au milieu de l'assemblée, sautant sur un pied et criant à la manière des oiseaux de proie. « Onou! Onou! Onou! » vociféra la foule. C'était la « danse de l'oiseau » qui commençait, exécutée par les filles de Pouamau et d'Anaménou, deux des tribus les plus sauvages de l'île.

« Ces danseuses portaient une écharpe en sautoir et un petit jupon en écorce de mûrier, la plus légère des étoffes indigènes. Leurs jambes frottées à l'eka (safran délayé dans l'huile), et historiées de dessins finement tracés, reluisaient au soleil. Leurs joues étaient fardées avec le fruit rouge du rocou, et leurs cheveux ornés de plumes et de dents de marsouin. Un collier de graines soutenant une grosse dent de cachalot pendait à leur cou. A chaque épaule, retenues par un anneau de tapa rose, rayonnaient des aigrettes en plumes de paille-enqueue2, simulant des ailes dans cette chorégraphie originale ».

Page 1