M. Macquaire
sitôt les voix, Les cuivres et les tam-tam firent entendre un vacarme étourdissant. Alors Le maître des cérémonies Leur cingla Le corps, à coups de fouet, jusqu'à ce qu'ils se relevassent. L'un franchit L'espace en courant de son mieux ; L'autre essaya de faire
de même, mais retomba bientôt dans le lit de braises, d'où sous les morsures du feu et du fouet il trouva encore la force de se rouler jusqu'au bout. On Le transporta près du bassin, et on l'arrosa de cendres et d'eau en attendant qu'il succombât. L'assemblée, elle, était dans un enthousiasme délirant. La fête de la danse du feu venait de se terminer : elle avait fourni sa victime A Bouddha: en conséquence, le soir, le camp fut brillamment illuminé et retentit de chants d'allégresse. »
Un autre voyageur I décrit ainsi la danse guerrière des Dahoméens : « Le tam-tam résonne en cadence : les soldats rangés en bataille exécutent quatre grands sauts, courbant leur torse tantôt à droite, tantôt à gauche, comme s'ils cherchaient des ennemis cachés. Pour la deuxième figure, ils font quatre pas rapides en avant, et tendent vers le chef leurs armes : c'est le serment au roi et ils poussent en même temps le terrible cri de guerre du Dahomey. A ce moment la danse devient un simulacre de combat, et les figures se multiplient à l'infini : chaque guerrier prend une pose étudiée de combattant. L'ennemi étant supposé vaincu, ils font semblant de trancher les têtes des captifs qui doivent leur servir de trophées : un genou en terre, comme s'ils l'appuyaient sur la poitrine de leur adversaire, ils saisissent leur long coutela« par les deux extrémités et lui font exécuter un mouvement de vaet-vient. Puis, comme apothéose, l'un d'eux est saisi et amené aux pieds du chef, dans l'attitude d'un roi désarmé, livré à la discrétion du vainqueur. »
Le II. P. Collin, missionnaire2, raconte qu'à Ceylan existe une fonction spéciale de danseurs du diable, groupe d'individus dont la mimique et les contorsions ont, dans la croyance des noirs, la vertu de chasser les démons. Tantôt ces deviïs dancersz prennent part aux cérémonies publiques, et notamment aux