‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 281 sur 323 · Al. Apost · texte numérisé non relu

Al. Apost

2. Ivan Timofeevitch, personnage réputé, chez les moujiks, un nouveau Christ.

mouvoir en rond. Peu à peu Les assistants suivent cet exemple avec une rapidité qui lient du vertige. Frappés d'une sorte de frénésie contagieuse, tous sont emportés dans le même tourbillon, les hommes placés au centre et les femmes pirouettant à l'entour. ils tournent d'abord en cercle, en poussant des cris et des sanglots. Quand l'excitation est parvenue à son comble, on rompt le cercle et chacun se livre à ses transports. L'un, saisi d'un tremblement convulsif, cherche l'extase dans un balancement uniforme; l'autre frappe bruyamment le sol, trépigne et bondit en l'air ; celui-ci va se démenant en une cadence furieuse; celui-là pivote sur lui-même les bras en croix, les yeux fermés, et devient comme insensible à toutes choses.

« Chez les Khlysty comme chez les derviches, il est des dévots si habiles cà tourner que, vus de loin, ils semblent immobiles : l'œil n'aperçoit plus qu'un fanfôme incertain. Les vêtements de ces fanatiques se gonflent, leurs cheveux se dressent, le tout formant un spectacle dont la seule vue agit sur les prosélytes autant que la danse même! »

Près des vallons boisés des environs de Trêves, les fidèles de l'église abbatiale d'Echternach donnent, encore de nos jours, une procession dansante en l'honneur de saint Willibrod, l'apôtre des Frisons. Dans les rues se déroulent les fidèles, prêtres et musique en tète, ils font trois pas en avant, deux en arrière, en accentuant la mesure d'un vieil air bien rythmé1. La première impression en présence de cette foule bondissante, ondulante, n'est pas d'abord très sérieuse; mais la vue de toutes ces physionomies graves, émues d'une foi naïve, finit par toucher; et on pense alors à David dansant devant l'arche sainte. À la fin, les fidèles montent en cadence les soixante-quatre degrés qui conduisent à la chapelle; et, entrant dans l'église, terminent leur pèlerinage par une ronde autour du tombeau du compagnon de saint Boniface.

A part ces rares exceptions, la danse contemporaine rentre, est-ii besoin de le dire, dans la catégorie des choses exclusivement profanes : elle a perdu tout caractère hiératique.

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