De l'année
11 suffît de jeter un coup d'oeil sur Les musées égyptiens, sur les monuments funéraires de la vallée du Nil et sur les peinture murales, telles que celles du tombeau de Beni-Hassan, pour voir que les bijoux, chez les Égyptiens, étaient d'un travail merveilleux, d'une grâce parfaite comme arrangement, et de la plus heureuse harmonie dans leurs formes typiques. Ainsi l'image du lotus efflorescent , ou celle du scarabée sacré l ont fourni une infinité de motifs aux artistes de l'époque : bracelets aux exquises ciselures, cachets finement gravés, colliers de lapis et d'émaux, chaînes en filigrane d'or, poignées d'ivoire et spatules de cèdre élégamment historiées, tout en un mot provoque une admiration justifiée.
Quant aux étoiles, celles que le temps a épargnées depuis trentecinq à quarante siècles, montrent que le costume des riches ne le cédait en rien, comme recherche, aux autres ornements dont l'Égyptien tirait vanité, qu'il s'agit de mousseline, de franges, de torsades, de passementeries ou de tissus brochés2.
Le Président de l'Assemblée politique, en Egypte, avait comme marque de distinction un collier d'or et de pierres fines auquel était suspendue une petite figure, emblème de la Justice et de la Vérité. Lorsqu'il lui fallait prononcer une sentence, il tournait cette figure du côté de celui à qui il accordait gain de cause.
Désire-t-on savoir comment, il y a deux mille ans environ, une Egyptienne invitait à un repas?
Voici le texte même découvert par M. Grenfell, directeur d'une mission scientifique dans la Haute-Egypte : « Pétosiris envoie son salut à sa chère Se renia. Veuillez, chérie, venir le 20 pour prendre part au repas en l'honneur de la fête du dieu; et faites-moi savoir si vous arriverez en bateau ou bien à âne, afin que je puisse envoyer mes gens à votre rencontre. »
La plus ancienne note de couturière connue vient d'être déchiffrée sur une tablette de grès, provenant du temple de Nippour, en Chaidée. Il y estquestion, avec force désignations techniques,
1. ' >n mettait partout des scarabées, même dans le corps des momies.
2. A côté de riches étoffes égyptiennes, on peut voir au musée du Louvre, de la t.ùle ordinaire reprisée en certains endroits.
d'une fourniture de 92 robes ou tuniques, dont lï parfumées à la myrrhe, à l'aloès et à la cassie.
Le caractère archaïque de cette note, et le système de numération, en fixeraient la date vers l'an 2800 avant Jésus-Christ.
L'Écriture Sainte nous montre le serviteur d'Isaac remettant à Rébecca deux pendants d'oreilles pesant deux sicles. Ces sortes d'ornements semblent avoir été souvent des amulettes. Jacob, revenant de la Mésopotamie, dut enlever à ses gens idoles et pendants d'oreilles auxquels on attribuait une vertu occulte. (Genèse, xxxv, 4.) Et ces derniers servaient si ordinairement de talismans, que leur nom en araméen (gedasaya) signifie objet sacré. La plupart de ces bijoux affectaient l'aspect de croissants de lune, forme qui s'est conservée à travers les âges1.
Au Livre des Rois- on lit la description du luxe pieux de Salomon pour embellir le temple de Jérusalem : l'or, les pierreries, les sculptures, l'airain, le cèdre odorant, concouraient à la magnificence de l'édifice, aux gigantesques proportions.
En Orient, les prodigalités et le faste furent poussés aux dernières limites : les diadèmes sur la tête, les perles aux oreilles et les bracelets, même aux jambes, semblant insuffisants, les femmes appliquèrent des joyaux sur leurs joues, et des lames d'or sur la paume de leurs mains.
Pour protéger la simplicité des mœurs grecques^ le législateur se fit un devoir de les réglementer par des lois somptuaires : des fonctionnaires spéciaux eurent mission de confisquer les objets de pure vanité mis en vente , et de contrôler même le nombre des invités dans les banquets.
Pour dissuader des habitudes dispendieuses, une ingénieuse loi des Locriens imagina de permettre les choses luxueuses, seulement aux gens notés d'infamie.
Voici quelques-unes de ces dispositions, choisies parmi les plus curieuses : « Les hommes tarés peuvent seuls porter des étoffes précieuses. — Aucune femme ne sera accompagnée de plus d'un
1. Au moyen âge, les camées, en pierres dures taillées en relief, furent très souvent des amulettes qui étaient censées préserver des influences malignes.