Le 2 janvier
considéraient comme une marque de distinction et de Liberté. Aussi César, après les avoir vaincus, leur lit-il couper les cheveux, en signe de servitude. Plus tard Ciodion le Chevelu ayant enlevé plusieurs provinces aux Romains, ordonna aux peuples ainsi délivrés de laisser croître leur chevelure, afin qu'ils fussent différenciés des autres Gaulois restés encore sous la domination romaine.
Aux premiers âges de la Monarchie française, on avait les belles et abondantes chevelures en haute estime.
C'est par elles que juraient les Francs; et l'usage était de s'arracher un cheveu, et de V offrir à qui F on voulait rendre hommage. On peut citer l'exemple du roi Clovis envoyant l'un de ses cheveux à un saint personnage de son temps, afin de lui prouver combien il l'honorait.
Pour flatter Charles le Chauve, ses courtisans prirent l'habitude de se raser le dessus de la tète, puis les tempes et la nuque. Et en conséquence on fut dans la nécessité, durant l'hiver, de porter des bonnets fourrés.
Les croisades suggérant des idées orientales, on prit pour couvre-chef un turban, d'où descendait un bandeau passant sous le menton.
Au xme siècle, les bonnets de drap et de velours parurent sous le nom de « chaperons » ; on les ornait de fourrure, de galons et de bijoux.
Sous saint Louis, on portait les cheveux plats, flottant sur le cou, ce qui motiva les calottes.
Durant le xive siècle, la coiffure féminine fut des plus bizarres : hauts bonnets, puis cônes élevés, sorte de pains de sucre d'où pendait un voile d'une hauteur telle, qu'un écrivain du temps se plaint « que les maris, auprès de leurs femmes, semblent de petits buissons perdus dans une foret de cèdres ».
Les hommes, depuis saint Louis, restèrent fidèles au « chapel », enrichi de plumes et de pierreries, jusqu'à Charles XIII.
Sous François 1er, le couvre-chef était une calotte de velours retombant en arrière.
Au temps des derniers Valois, la coiffure fut en forme de cœur. La cour de Catherine de Médicis se coiffa en « raquette », et
adopta de petits bonnets surmontés d'une aigrette. Les hommes tournaient leurs mèches en boucles et en rouleaux, appelés « bichons »; delà est venue évidemment l'expression populaire « se bichonner ».
Mme de Sévigné décrit ainsi la coiffure des femmes du xvne siècle : « Les cheveux noués en bas de la tête ; sur le front de petits cheveux naissants, donnant du piquant à la physionomie, et sur les tempes des flots de vaporeuses boucles qui donnent aux regards de la douceur. »
On avait commencé, sous Henri IV, à répandre sur la chevelure une poudre parfumée qu'on appelait « griserie » ; sous Louis XIV, on sema dessus un mélange de mousse de chêne et de farine de fève, nommé « poudre de Chypre ». Dancourt en parle dans une de ses comédies.
Quand vint l'époque des 'perruques, on les fabriqua non seulement avec des cheveux, mais encore avec du crin ou des étoupes, selon le prix; celles de grand modèle couvraient presque tout le buste. Ordinairement les femmes les portaient blondes, et les hommes, noires ou blanches.
On distinguait les perruques à boudin — en in-folio , — en in-4°, — en in-32, — en nid de pie, — en marteau, — à la rhinocéros, — à la saisissante, — à la comète, — en cabriolet, — à l'inconstant, — au jaloux, et même celle à la maître d'hôtel!...
Une série d'édits royaux visèrent perruques et perruquiers. De 1656 à 1673 quarante charges publiques furent créées, charges considérables si l'on en juge parle prix qu'elles coûtaient. Ainsi sous Louis XIV, un office de contrôleur de perruques valait 210.000 livres.
Dans le Recueil des Lois françaises A, on lit la déclaration suivante de ce monarque, qui fait voir de quelle importance étaient alors ces parures : « La mode des perruques ne contribuant pas moins à l'ornement de l'homme qu'à sa santé, dit le roi, Nous avons créé des lettres de Maîtrise, afin que le public pût être mieux servi, et avec fidélité ».