‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 4 sur 323 · Fr. Bernard., Fêt. cclcb · texte numérisé non relu

Fr. Bernard., Fêt. cclcb

vulguer : leur révélation aux profanes, considérée comme le plus affreux sacrilège, fiait punie de mort. On devait s'éloigner du traître et n'avoir rien de commun avec lui. Suétone rapporte qu'Auguste, à Athènes, ayant un jour à juger une aflaire où il s'agissait des privilèges des prêtres de la déesse, et dans laquelle il pouvait être question des secrets d'Eleusis, congédia le Conseil et L'Assemblée et entendit seul les plaidoiries.

L'accès du temple de Déméter était rigoureusement interdit aux étrangers : jeter un regard indiscret dans le sanctuaire, était une violation coupable. Un fait de cette nature causa la guerre entre les Athéniens et Philippe : deux jeunes Acarnaniens étaient entrés par erreur dans le temple, pendant qu'on y procédait aux mystères; reconnus à leur langage et à leurs questions, ils furent conduits devant les magistrats et payèrent de leur vie leur curiosité.

Les jeux Olympiques, qui revenaient tous les cinq ans pour célébrer Zeus, occupaient le premier rang peut-être entre toutes les solennités grecques. Ils duraient cinq jours consécutifs; seuls les hommes de pur sang hellénique avaient droit d'y figurer; les esclaves et les femmes en étaient exclus sous peine d'être précipités d'un rocher voisin, le mont Typée. Par exception les prêtresses étaient admises au spectacle du stade.

Dans l'enceinte réservée aux jeux s'élevait la statue de Zeus, devant laquelle « les athlètes juraient, sur les membres d'un porc immolé, qu'ils combattraient loyalement entre eux. » En cas de fraude commise au cours de la lutte, des surveillants armés de fouets' , appliquaient aux combattants déloyaux de vigoureux coups de lanières.

Avant d'entrer dans le stade, les concurrents se faisaient frotter d'huile pour arrêter la transpiration, et répandaient ensuite sur eux de la poussière ou du sable fin, quand l'épreuve était une lutte corps à corps. On tirait au sort les places respectives; le signal du départ était donné par un aigle mécanique qui s'élevait dans les airs.

Les jeux consistaient en exercices de force et d'adresse, tels

1. Mastigophora : ils étaient également chargés de maintenir l'ordre parmi les spectateurs turbulents, en les frappant au besoin.

que : les danses armées et les courses à pied; dans ce dernier cas la distance à franchir avait pour unité le stade (les stades variaient de 99 à 116 pas) que l'on parcourait plusieurs fois en contournant la borne placée à l'extrémité ; la latte avec faculté de se prendre à la gorge; le pugilat, pour lequel on se servait d'un gantelet de cuir, bardé de fer; le pancrace, assaut où, comme le mot l'indique, on employait toute sa force pour vaincre, dût-on porter des coups mortels. Les défis sanguinaires constituaient la partie la plus importante et la plus goûtée de ces assauts, qui se terminaient par des sacrifices que les vainqueurs, accompagnés de tout le peuple et couronnés de l'olivier de Zeus, offraient aux Dieux en actions de grâces.

Quant aux fameux jeux isthmiques, pythiques et néméens, ils avaient pour but de célébrer Poséidon (Neptune), Apollon et Hercule; et si l'on ajoute les fêtes spéciales à chaque province et à chaque cité, on constate qu'en Grèce il y avait par an près de cent jours fériés.

Ce sont les cérémonies de la religion qui ont donné les noms des mois dans l'Attique : Gamélion (janvier) était le temps des fêtes de Junon, ou Gamélies. — Anthesterion (février) s'appelait ainsi à cause des Anthesteries, dédiées à Bac chus. — Elaphébolion (mars) correspondait aux Elaphébolies, en l'honneur de Diane. — Le mois de Munychion, était aussi celui de Diane, patronne des débiteurs au temple de Munychie...

Il en était ainsi des autres mois : Mémacterion (octobre) était dédié à Jupiter orageux; Pyanepsion (novembre), à Apollon auquel on offrait des fèves cuites au jour des Pyanepsies; enfin Posidéon (décembre) était consacré à Neptune.

Les fêtes des Romains, comme celles des Grecs, étaient appropriées aux idées religieuses que leurs premiers législateurs voulaient faire prévaloir.

A côté des Saturnales tapageuses ou des anniversaires rustiques, trop connus pour qu'il y ait lieu d'en parler ici, se trouvaient beaucoup d'autres jours festi, intéressants à rappeler, par exem«* pie : les fêtes des morts d et celle des revenants 2, — celles des

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