‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 304 sur 323 · Duhalde · texte numérisé non relu

Duhalde

il n'est pas rare de rencontrer dans le monde, des dandys, Lettrés ou non, qui cherchent à Imiter ce petit ridicule des doctes Chinois ' .

Hérodote rapporte que plusieurs peuplades avaient pour habitude de se couper les ongles de la main droite, et délaisser croître ceux de la main gauche; une main était destinée aux travaux grossiers, l'autre conservait toute sa délicatesse'2.

Au Cambodge, et dans le royaume de Siam3, les danseuses de profession prolongent leurs doigts au moyen d'ongles de cuivre, mesurant de six à huit centimètres. Leur intention semble être celle-ci : s'allonger les mains afin d'accentuer mieux les torsions et contorsions du poignet, qui constituent l'une des grâces principales de leur chorégraphie indolente.

Les femmes de Bukarest, celles de Macassar donnent à leurs ongles une couleur rouge; les Persanes font de même, tandis que les hommes les teignent de préférence en jaune.

Sans doute pour la plupart des peuples, tous ces raffinements ont la prétention d'augmenter la beauté. Toutefois certaines habitudes ont aussi leur raison d'être : ainsi par exemple, si certains individus ont l'ongle de l'index fort long, c'est pour mieux pincer de la guitare4.

— Un mot des cheveux et de la barbe. Ammien Marcellin5 raconte que les Huns brûlaient superficiellement la peau du visage de leurs enfants ou y faisaient des cicatrices, pour que la barbe n'y poussât point. De même les anciens Péruviens s'épilaient le visage pour qu'il fût bien différent de celui des singes.

Mais ce sont là des exceptions, car presque toutes les nations ont fait au contraire grand cas de la barbe et des cheveux0; d'a-

1. Quand un ouvrier parisien veut signaler l'incapacité d'un camarade ou critiquer sa paresse, il dit de lui (( qu'il a du poil dans la main », donnant à entendre par cette expression vulgaire, que l'individu ne fait pas fréquemment usage des rudes outils du travailleur.

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