‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 305 sur 323 · La Loubère · texte numérisé non relu

La Loubère

4. L'expression pittoresque dont le peuple espagnol se sert par allusion à la formo de l'instrument, est : <sc gratter le jambon », pour dire : jouer de la guitare.

•''. Hi$t. ancienne des peuples de V Europe. 6. Aulu-Gelle, liv. III, ch. ix.

bord parce que c'est un signe de force ; et surtout parce que la plupart des peuples anciens attachaient à l'absence de ces ornements naturels une idée de déchéance, les esclaves, les vaincus, les hommes flétris, étant ordinairement condamnés à avoir la tête et la figure rasées. Telle était la règle chez les Perses, les Spartiates, les Mèdes, les Romains et les Cretois.

Les femmes et les enfants des Arabes Bédouins commencent souvent par baiser la barbe de leur mari ou celle de leur père, quand ils viennent les saluer. La plus cruelle injure que l'on puisse faire aux Indiens de Quito est de leur couper les cheveux, car chez eux les grands criminels sont tondus, comme pénalité accessoire, mais infamante au premier chef.

Le respect que l'on avait pour les cheveux pendant les premiers siècles de notre monarchie Française est connu : on déshonorait un homme en les lui coupant1. C'était un souvenir du passé, car pour se donner un air plus imposant, les Gaulois portaient une grosse crinière rouge; et aux jours de fête, écrit Diodore de Sicile, ils poudraient cheveux et barbe avec de la limaille d'or2.

Les druides et le peuple portaient toute leur barbe, tandis que les nobles se rasaient les joues, mais en laissant pendre de grandes moustaches. Saint Grégoire de Tours reprochait aux Gauloises leurs longues tresses parfumées.

Chez les Francs, l'engagement d'un serment se prenait en se touchant la barbe, ou en jurant sur sa chevelure. Au vne siècle, la barbe des Francs était très ample, et nouée avec des fils d'or.

D'autres peuples assortissaient leurs cheveux au teint de leur visage; ainsi, d'après Pline, pour se rendre blonds, les Germains faisaient usage d'une pommade composée de suif de chèvre et de cendre de hêtre. Les Juives s'ornaient de cheveux jaunes, grâce à une poudre spéciale ; et le R. P. Gobien assure qu'aux îles Mariannes, les femmes, à l'inverse certes de ce qui se passe

1. Dans l'antiquité les esclaves étaient rasés; et c'est par un sentiment d'humilité que les ecclésiastiques et les moines doivent porter une tonsure plus ou moins large.

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