Loc. cit
L'arbre de Noël est fort en honneur en Russie, surtout dans la liante société. Placé au milieu du salon, l'arbuste est chargé de lumières; de ses branches pendenl des fruits, «les ûeurs et aussi
des sacs, (.les boites de bonbons, des jouets, des dentelles, des bijoux même, car les grandes personnes ont droit de prendre part à la distribution générale. Il en est un peu de même dans toute la chrétienté; mais un gracieux usage propre à la Russie consiste dans l'envoi aux jeunes fiancés d'un objet allégorique, contenant les souhaits vivants de félicité pour l'avenir : il s'agit d'une cage mystérieuse d'où s'envole, lorsqu'on l'ouvre, un couple de blanches colombes.
Quinze jouis avant Noël, des pains spéciaux sont bénits par les prêtres et distribués dans toutes les familles, comme une sorte de communion fraternelle. On se prépare à la fête par un jeûne qui dure jusqu'à l'apparition de l'étoile du soir. Alors, une fois les rites pieux accomplis, on se livre au plaisir des parties de traîneaux, des jeux de boules, et des danses.
Dans quelques endroits de l'Allemagne, à Noël, les mères de famille ne se contentent pas de promettre à leurs enfants, au nom du Chrislkindel, joujoux et sucreries s'ils sont sages; mais s'ils sont menteurs, désobéissants ou colères, elles les menacent d'un personnage diabolique Nicolas-le-Vela, ainsi nommé parce que d'ordinaire il se montre enveloppé d'épaisses fourrures.
« Le soir du 24 décembre, dans une chambre bien éclairée, est disposé l'arbre de Noël orné d'objets et de friandises; les enfants sont partagés entre l'espérance et la crainte... Tout à coup on entend une clochette, la porte s'ouvre, et Cbristkindel parait : c'est une jeune femme vêtue de blanc et coiffée d'une perruque de chanvre. Sa figure est enfarinée pour la rendre méconnaissable, et elle porte sur la tête une couronne; d'une main elle tient une clochette, et de l'autre une corbeille pleine de bonbons... Soudain, un grand bruit de ferrailles se fait entendit-, et bientôt apparaît Nicolas-le-Velu, le corps couvert d'un peau d'ours. Sa figure toute noire est encadrée d'une grande barbe; d'une voix grave et vibrante il demande quels sont les enfants méchants... Alors les bons parents interviennent, plaidant en faveur des petits coupables, implorant pour eux Fin-
diligence, et promettant, en leur nom, une conduite exemplaire pour l'avenir... Le démon est chassé du logis; et bientôt l'on n'entend plus que des rires stridents et des applaudissements enfantins autour de l'arbre, objet des convoitises. » A peu de choses près, cette coutume rappelle celle de la Saint-Nicolas, que nous avons rapportée plus haut.
«... La saucisse est ma reine et le saucisson mon roi », dit un vieux dicton du nord de l'Allemagne; or, écrit M. C. de Monguilhem, jadis on mettait le proverbe en action, au moins trois fois l'an, dans quantité de villes de la Prusse, de la Saxe et d'autres États.
Entre toutes les cités, Kœnigsberg, à la Noël et à la Mi-Carême, se distinguait par son ardeur à fêter leurs « Majestés boudinières ». La saucisse qui fut promenée solennellement dans ses rues en 1558, avait 198 aunes de longueur, et était portée par 48 personnes. Celle de 1583, qui n'exigea pas moins de 91 porteurs, mesurait 596 aunes et pesait k3k livres. Encore en 1601, les bouchers promenèrent par la ville un saucisson de 1005 aunes de long. Ils le présentèrent au palais, et en offrirent au Prince une brassée. La foule les accompagnait au son des tambours et des fifres. Un maître boucher, paré de fleurs et de rubans, armé d'un drapeau vert, marchait en tête du cortège, comme un tambour-major. L'extrémité du saucisson était enroulée autour de son cou, et le reste serpentait sur les épaules de ses compagnons, au nombre de trois cents.
Ces coutumes à grand apparat ont maintenant disparu ; mais, de l'autre coté du Rhin, on n'en a pas moins gardé le goût de la charcuterie sous toutes ses formes.
Quand vient Noël, les bergers de la Sabine et des Abruzzes, descendant de leurs montagnes, s'en viennent annoncer la bonne nouvelle dans les rues de Rome, au son d'une musique champêtre : c'est une des plus gracieuses traditions des vieux siècles de foi1. Les Pifferari vont ordinairement par troupes de trois musiciens : un vieillard, un homme d'âge mûr et un jeune garçon.
Ailleurs, les enfants ont leurs arbres de Noël ou les chants joyeux