hoc. cit., 13G
Veut finir sa carrière Tout auprès du berceau.
Le pinson n'a ni talent ni richesse, mais il a bon cœur, et :
Dit, pour tout verbiage, Dans son petit langage :
« Je vous aime, Seigneur...! »
Maintenant, un contraste :
Le coq, d'une voix fière, Chante : Coquerico!
J'annonce la lumière :
Salut, Astre nouveau!
Puis de curieux couplets sur le corbeau et l'abeille
C'est le corbeau, qui n'ose Faire entendre sa voix :
11 apporte une noix, N'ayant rien autre chose Digne d'un si grand Roi; Doucement il la pose, Et s'en retourne au bois
Une petite abeille, Bourdonnant en frelon, S'approcha du poupon, Lui disant à l'oreille :
« J'apporte du bonbon; « Il est doux à merveille, « Goûtez-en, mon mignon!
N'est-elle pas touchante cette pauvre petite abeille qui vient offrir du miel, clans son berceau, à Celui qui, mourant sur la croix, n'aura pour breuvage que « du vinaigre et du fiel » !
Bref, tous les volatiles rivalisent de gentillesse et d'amour pour l'Enfant de la Crèche ; et l'on verra le dindon lui-même , oui le dindon, venir mettre à la disposition de la Sainte Famille sa chair succulente :
Par un noble abandon 11 s'offre à la cuisine
De la sainle maison.
Comme Noël original et bizarre, il serait difficile de trouver mieux que celui-ci :
Allons, bergers, allons tous!
L'ange nous appelle; Un Sauveur est né pour nous :
L'heureuse nouvelle!
Une (Hable esl le séjour Qu'a choisi le Dieu d'amour.
Courons au, zau, zau,
Courons plus, plus, plus,
Courons au plus vite
A ce pauvre gite.
Quel présent faut-il porter
A ce nouveau maître?
Robin pour l'emmailloter
Offrira des linges?
Grosgilet, un agnelet; Moi, je porte avec du lait
Le plus beau, beau, beau,
Le plus fro, fro, l'ro
Le plus beau, le plus fro
Le plus beau fromage
De notre village*.
C'est délicieusement stupide!
Citons enlin un noel aussi édifiant qu'ancien, mais traduit en langage moderne2, et que tous les enfants devraient savoir par cœur :
Charmants bébés à tête blonde, Voici Noël! Apprêtez-vous
A fêter demain à la ronde Noël qui dorme des joujoux.