‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue) (volume 2)Chapitre 38 sur 323 · F.. Rivet. Vieux noëls. •J. M. L. d'Epizy · texte numérisé non relu

F.. Rivet. Vieux noëls. •J. M. L. d'Epizy

Alors, des souliers qui, la veille Etaient au foyer suspendus, Sortira plus d'une merveille Dont vous resterez confondus.

N'oubliez pas dans le partage, Que , moins favorisés que vous, Il est des enfants de votre âge Qui n'ont jamais eu de joujoux...

Songez-y! Noël qui vous aime Et vous comble de tant de bien A dit : « Le pauvre c'est moi-même, « Donnez à ceux-là qui n'ont rien! »

L'an prochain, que le Ciel vous garde!

Si vous donnez vos petits sous, Le bon Noël qui vous regarde Enfants, se souviendra de vous.

Donnez! Noël vous le demande; Sachez vous priver s'il le faut :

Et le Bon Dieu qui le commande, Un jour vous le rendra là-haut !

Pour vous il sera moins sévère, Il usera de sa bonté, Car il bénit ceux qui, sur terre, Font en son nom la charité.

Pour terminer la série des fêtes d'après l'ordre du calendrier, il nous reste à parler de la solennité des Saints Innocents : nous nous attacherons spécialement à décrire et à expliquer l'extravagante Fête des Fous qui la signala pendant plusieurs siècles.

Dès l'origine, les Saints Innocents, c'est-à-dire les enfants mâles âgés de moins de deux ans immolés sur l'ordre d'Hérode aux environs de Bethléem, furent célébrés comme étant les premiers martyrs du Christianisme; mais pour des raisons que nous expliquerons tout à l'heure, la fête dégénéra en de vraies mascarades; et l'on s'en étonnera peu si l'on sait que les personnages

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forent d'abord choisis parmi Les curants de chœur et les jeunes clercs, trop disposés à se divertir en toute occasion, lis «''lisaient, parmi eux, comme « évêque dos Fous1 », un adolescent qui portait la mitre et la crosse, et se rendait dans l'église en bruissant les passants. Ces étourdis se Livraient à de véritables parodies des cérémonies religieuses, sous prétexte d'amusement; les uns se travestissaient en moines d'une façon grotesque; les autres mettaient des rognures de cuir dans les encensoirs... C'est ce qu'on appelait alors les « libertés de décembre ».

Sans doute la jeunesse est inconsidérée; cependant on se demande d'où pouvait venir l'idée de pareilles récréations, et ce qui les explique du moins, sans toutefois les excuser.

A cela il faut répondre que la naïve foi populaire de l'époque trouvait que c'était chose toute naturelle, et môme pieuse, de faire des folies en l'honneur des Innocents, mot qui est resté dans les campagnes comme synonyme de fous paisibles, par opposition aux fous dangereux.

Encore de nos jours, nombre de personnes ne citent-elles pas, comme proverbe, cette parole de l'Écriture : Bienheureux les pauvres d'esprit, en l'appliquant à tort à des gens totalement dépourvus d'intelligence? Comme si en réalité l'Écriture avait voulu faire l'apologie de l'imbécillité, et réservait le Paradis aux aliénés et aux sots!

En tout cas, en dépit de l'interprétation populaire, le sens vrai du texte diffère singulièrement, car il vise non point les pauvres d'esprit, mais les pauvres en esprit2, c'est-à-dire ceux-là qui par goût, par vertu supérieure, recherchent la simplicité dans les plaisirs licites, et la sobriété stricte dans la vie de chaque jour.

C'est qu'en effet on peut être favorisé de la fortune, et pratiquer l'esprit de pauvreté; alors que l'indigent cupide, révolté et haineux, peut au contraire manquer complètement de cette Vertu d'essence toute chrétienne. Disons même que des rois, des princesses, au milieu des splendeurs de la cour et des sollicitations vaniteuses des courtisans, ont donné l'exemple édifiant d'un

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