COUTUMES RELATIVES AU DIMANCHE ET AUX FÊTES BALLADOIRES
Le repos du septième jour d'après les anciennes Annales de la Chine. — Le nombre sept dans l'histoire. — Le chabbâth (sabbat) des Hébreux : à quelle distance pouvait s'étendre la promenade? — Les trente-neuf règles du sabbat. — Le dimanche et les premiers empereurs chrétiens. — Législation des œuvres serviles : confiscation de chevaux ou « du bœuf de droite »... — La danse et les bateleurs du dimanche. — Les barbiers et • le jour du Seigneur ». — Diverses hérésies relatives au dimanche : Aériens et Sabbataires... ; le jeûne du dimanche. — Le décadi républicain et ses vicissitudes : bizarres décisions de Cassation. — Les réjouissances des décadis. — Une remarque de M. J. Simon. — Le dimanche au xixe siècle; les forçats et les règlements des pénitenciers. — Le repos des fonctionnaires et le repos des « travailleurs ». — Les fêtes balladoires au moyen âge : réjouissances extravagantes et arrêts des Parlements. — Promenade grotesque et procès facétieux, d'après les documents judiciaires.
En donnant à l'homme des forces mesurées, la Providence Fa mis dans la nécessité de refaire son organisme, non seulement par les heures bienfaisantes d'un sommeil réparateur, mais encore par certains jours de répit, sous peine de voir son intelligence s'affaiblir, sa santé s'altérer, et une décrépitude prématurée l'envahir. Non moins certes que le cheval et le bœuf, l'homme a besoin de dételer quelquefois; aussi le chômage fut-il l'accessoire naturel des fêtes religieuses.
D'autre part, le désir de se récréer, si instinctif chez l'homme, l'a engagé à interrompre son travail, alors môme qu'il n'y avait pour lui ni besoin physique ou intellectuel, ni devoir de piété. Il en résulte qu'on peut classer les jours de repos en deux catégories : d'une part ceux accompagnent les solennités religieuses ; et d'autre part, les jours de divertissements profanes, tels que, au moyen âge, les singulières fêtes balladoires, que nous relaterons à titre de spécimen.
Or, dans les fêtes d'obligation religieuse, l'historique du repos hebdomadaire et de sa transformation provisoire en Décadi, oc-
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pe évidemment une place importante; aussi est-ce par un coup ilo-il rétrospectif (jue nous commencerons ce chapitre.
Non seulement chez tous les peuples, l<is jours fériés ont été célébrés périodiquement par une suspension de travail, mais presque partout le repos revenait de sept jours en sept jours. Dans les livres sacrés antérieurs à Confucius (qui vivait 550 ans avant L'ère chrétienne), on voit que la Divinité devait être glorifiée à chaque septième lever de soleil : « Vous viendrez honorer de sept jours en sept jours le Tien * », lit-on dans l'Yking.
Les Annales de la Chine de Sec-Masien2, les textes du Chou- King et d'autres encore racontent que, de temps immémorial, les empereurs chinois offraient un sacrifice à la suprême Unité Tay-Y. tous les sept jours, et interdisaient le négoce en cette journée appelée le grand jour3.
Aristobule, philosophe péripatéticien, cite divers passages d'Homère et d'Hésiode qui signalaient ce jour comme saint pour l'univers entier.
Platon, au livre II des Lois, fait cette étonnante déclaration : « Les dieux, touchés de compassion pour le genre humain condamné par sa nature au travail, nous ont ménagé des intervalles de repos dans la succession régulière des fêtes instituées en leur honneur, afin qu'avec leur secours, nous puissions raffermir notre éducation qui se relâche et se corrompt à bien des points de vue, dans le cours de la vie. »
Impossible de mieux signaler le sens et la portée morale du repos périodique.
Les Indous. les Perses, les Ghaldéens, les Égyptiens, les Péruviens avaient en grande estime le septième jour; les Athéniens et les Romains le célébraient aussi, et les Druides de Bretagne le tenaient pour sacré.
Il est indubitable que, même avant que Moïse eut fait du repos du sabbat un précepte de Législation, ce jour était l'été par